Germaine de Staël - Le deuil éclatant du bonheur

  Germaine de Staël savait que désormais elle n'avait plus rien à attendre de l'Empereur.

De Coppet, où l'avait reléguée la vindicte de l'Empereur, Germaine de Staël fit un carrefour international où se rencontrait toute l'élite intellectuelle de l'Europe.
Un vrai caravansérail qui hébergeait de 20 à 40 hôtes. On y faisait une débauche d'esprit, de littérature, d'exaltation.

 

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Selon les hasards de la vie politique, ou de la vie tout court, et des saisons, on verra graviter autour de Madame de Staël et de ses amis, une petite foule où se retrouvent les meilleurs esprits de son temps. Aucune règle, aucun protocole n'entravaient la liberté de chacun mais lorsqu'un sujet de conversation était lancé, la conversation pouvait se prolonger tard dans la nuit.

 

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Germaine de Staël - Un destin privilégié

 

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Dans l’histoire de la littérature féminine, Germaine de Staël est une figure singulière.

Les divers aspects de sa personnalité constituent un mélange détonnant.

Fille du puissant ministre Necker, héritière des Lumières, elle est une philosophe et une tête politique et elle eut le courage de se lancer hardiment dans un domaine essentiellement réservé aux hommes.

Elle fut une pionnière du libéralisme politique ; elle lui a ouvert la voie et inspira l’œuvre de Benjamin Constant, qui s’en fera le champion sous la Restauration.

 

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Grandeurs et misères de deux comédiennes - Mademoiselle Mars et Marie Dorval

 
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Préambule

Mademoiselle Mars et Marie Dorval étaient toutes les deux, des enfants de la balle, deux jeunes filles qui luttèrent contre la pauvreté avant de régner au théâtre.

Comment comparer ces deux femmes ?

Mlle Mars a fait revivre le grand siècle et le XVIIIe siècle. Elle fut la gloire de la Comédie française.

Marie Dorval, emportée, passionnée, fut comédienne par instinct, comme Mlle Mars était comédienne par la nature et par l'étude.

 

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Julie de Lespinasse - L'incomparable demoiselle des Lumières

 

Julie de Lespinasse était une enfant bâtarde.

Sa mère, la comtesse d’Albon, d’une illustre maison du Dauphiné, avait été mariée à son cousin germain en 1711. Leurs deux premières filles moururent en bas âge, la troisième, Diane naquit en 1716 et plus tardivement, en 1724, un fils, Camille.
Délaissée par son mari, la comtesse eut une liaison avec Gaspard de Vichy-Champrond, un homme spirituel séduisant mais dépourvu de tout sens moral. Il était le frère de Madame du Deffand.

 

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Julie de Lespinasse - Une héroïne romantique au temps des Lumières

 

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En 1766 Julie avait fait la connaissance de Gonzague de Mora. Il était né en 1744 et appartenait à la plus haute noblesse espagnole.

On l’avait marié à 12 ans ; son épouse n’avait que 11 ans et le mariage ne fut consommé qu'en 1760. Sa femme-enfant était la fille de comte d’Aranda, l’une des plus hautes figures de la politique en Espagne. L’expulsion des Jésuites l’avait rendu célèbre auprès des philosophes. C’est lui qui formera l’esprit de son gendre.

 

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Juliette Récamier - La Belle des Belles

 

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Juliette Récamier, dès son apparition dans le monde, fut appelée la Belle des Belles. Une gracieuse et vaporeuse silhouette, vêtue de blanc. Séduisante et séductrice, elle traîna tous les cœurs après soi.

Elle est la Dame secrète des Mémoires d'Outre-Tombe. Elle en a inspiré les plus belles pages.

 

En approchant de ma fin, il me semble que tout ce que j'ai aimé, je l'ai aimé dans Madame Récamier, et qu'elle était la source cachée de mes affections, écrit Chateaubriand.

 

Elle fut l'amour de sa maturité, la lumineuse tendresse de sa vieillesse.

Mais, avant de rencontrer François- René de Chateaubriand, Juliette avait vécu...

 

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Juliette Récamier - Une éclatante maturité

  En 1817, Juliette Récamier et Chateaubriand abordent tous les deux un tournant décisif de leur vie.

C'est sans doute parce qu'il est radicalement différent des autres qu'elle est violemment attirée par lui.

Elle confie à son amie, Madame de Boigne: le piquant de la nouveauté, c'est que les autres se sont occupés de moi, mais lui exige que je m'occupe de lui.

 

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Ce séducteur impénitent, qui a déjà connu de violentes passions, ne se départit jamais de son sens de l'honneur ni de sa parfaite courtoisie.

Mais il est fort troublé par cette femme, à la fois inaccessible et avenante.

 

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Louise d'Epinay (1) - "Devenir soi-même est une longue patience"

 

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Louise d'Epinay, est l’une des figures les plus attachantes de ce XVIII siècle, appelé parfois le siècle de la femme, peut-être parce que quelques femmes remarquables surent donner au Siècle des Lumières, ce charme singulier, si singulier qu'on le qualifie souvent d'indéfinissable.

 

Si j’ai choisi de présenter Louise d’Epinay avec cette longue citation Devenir soi-même est une longue patience, c’est qu’elle me semble résumer parfaitement sa vie, son parcours. Elle avait formé un jour le vœu de devenir une une femme de mérite. Et c'est en conquérant peu à peu son autonomie intellectuelle, en luttant contre l'emprise maternelle et contre elle-même qu'elle put le réaliser.

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Louise d'Epinay (2) - Les années de maturité

 

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Grimm lui avait apporté bien plus que l'amour. Pour elle, il fut le mari, l'amant, le père. Il avait défendu son honneur et réussi à convaincre Diderot, qui s'y était longtemps refusé, à la rencontrer.

 

Revenu de ses préventions, il devint très vite le meilleur ami de leur couple.

Avec d'Alembert, il s'était lancé dans l'immense entreprise que fut l'Encyclopédie à laquelle il allait travailler pendant 20 ans jusqu'à la voir enfin achevée, malgré tous les obstacles qui surgirent sur sa route.

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Madame du Deffand et son monde (1-2)

 

Première partie

 

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Marie de Vichy-Champrond est née en septembre 1696 dans le château familial, à la limite de la Bourgogne. Elle a deux frères aînés et une sœur plus jeune.

Les Vichy sont une des familles les plus importantes de la région mais au début du XVIIIe siècle, la fortune familiale n'est plus aussi solide. M. de Vichy tient sa femme pour responsable de la décadence domestique, à cause de sa manie de Paris. Décadence toute relative car ils ont une très nombreuse domesticité, un chapelain un régisseur, un majordome et une armée de laquais et de soubrettes.

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Mademoiselle Mars, le Diamant de La Comédie française

 

Mademoiselle Mars, de son prénom Hippolyte, était née en 1779.
Son père était Boutet de Monvel et sa mère Jeanne-Marie Salvetat, dite Mme Mars.

 

Monvel, lui-même fils de comédiens et protégé par le prince Leczinska avait fait d’excellentes études. Dès 1768, il avait commencé une carrière d'acteur à Marseille. Puis il vint à Paris en 1770, où il fit ses débuts au théâtre Français. Il devint sociétaire de la Comédie Française à l'âge de vingt sept ans en 1772.

Il s’éprit passionnément de Mme Mars, une fort belle femme, une Junon aux formes imposantes. Elle était une comédienne sans grand talent qui ne put jamais se défaire d'un fort accent méridional.

 

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Marie Dorval - Le bel oiseau blessé

 

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Marie Dorval

Marie Dorval, emportée, passionnée, était comédienne par instinct.
Elle fut la jeunesse du drame romantique. Elle en a incarné les plus touchantes, les plus belles héroïnes.
Et quand le drame romantique cessa de plaire, il l’entraîna dans son déclin.

 

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Mary Wollstonecraft

 

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Dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, j'ai choisi d'évoquer la vie et l'œuvre de Mary Wollstonecraft, femme de lettres, philosophe et féministe anglaise qui publia en 1792 un ouvrage qui fit grand bruit : A Vindication of Rights of the Woman.
La traduction française Défense des Droits de la Femme affaiblit un peu le mot vindication.

Revendiquer veut dire : réclamer ce qui vous est dû.
Mais pour prendre la mesure de cet essai, il m'a semblé indispensable de le situer dans le temps et le mettre en perspective dans l'histoire du féminisme (le mot féminisme n'existait pas encore) on entend par là toute œuvre qui pose comme conflictuels les rapports entre les hommes et les femmes.

 

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 Les sœurs Brontë.Trois jeunes femmes hors du commun au sein d’une famille étrange

  Etrange famille qui fut un bouillon de culture de névroses, de refoulements, de souffrances, de passions secrètes et marquée dès le début du sceau de la mort. 
Bien que vivant à l'écart du monde, loin de Londres, les sœurs Brontë savaient le discrédit qui pesait sur les femmes écrivains et avec quelle méfiance, à priori, on les jugeait. Et c’est pourquoi elles choisirent d’envoyer leurs manuscrits sous des pseudonymes masculins Acton, Ellis, et Currer Bell.
 

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  Madame Geoffrin - Introduction

 

Rappel historique
Mort de Louis XIV septembre 1715, le peuple, ruiné, accablé, désespéré, rendit grâce à Dieu. La fin du grand Siècle a dévoilé l’envers du décor de la monarchie absolue : famine, mortalité galopante, revers militaires, régression économique aggravée par l’exode des protestants - souvent des éléments très actifs du commerce ou de la finance - chassés par  la révocation de l'édit de Nantes.


Le Régent rompt l'isolement versaillais et s'installe dans la capitale 1715-172.

C'est l'époque des fêtes galantes, des marquises poudrées, de la libération des esprits, de l'essor simultané du libertinage amoureux et philosophique. On a gardé le souvenir d'une Cour dissolue, ce qui n'est pas faux, mais on n'a pas rendu justice aux qualités d'homme politique du Régent. Une époque nouvelle, à la fois rigoureuse et frivole, qui découvre la valeur de l'intelligence et des sciences.

 

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Madame Geoffrin (2) La Tsarine de Paris

Ouvrage de référence : Maurice Hamon : Madame Geoffrin Femme d!influence, femme d'afffaires au temps des Lumières.

 

Madame Geoffrin est née en 1699. 
Ses parents appartenaient à cette bourgeoisie en pleine dynamique d'ascension sociale au XVIIIe siècle.

Son père, Pierre Rodet, était un ancien valet de la dauphine. En menant une existence laborieuse, il s'était acquis une certaine une certaine fortune. IL appartenait donc à cette bonne bourgeosie qui ne prétendait à faire oubier ses origines, contrairement à certaisn qui utilisaient leur fortune comme "une savonette à vilains". Il épousa une demoisellle Chemineau qui appartenait à ce même milieu. Plus jeune que son mari, elle brillait par son élégance, son charme et ses dons artistiques. Un an plus tard, en 1700, elle mourut en mettant au monde un garçon ; six ans plus tard mourut Pierre Rodet. Les deux orphelins furent élevés par Madame Chemineau, leur grand-mère maternelle. C'était une femme de caractère. Elle donna à sa petie fille une éducation fort peu conventionnelle.


Madame Geoffin écrira, plus tard, elle avait beaucoup d'esprit et une tête bien faite. Elle avait très peu d'instruction  mais son esprit était si éclairé, si adroit, si actif qu'il ne l'abandonnait jamais ; il était toujours à la place du savoir.. elle regardait le savoir comme une chose très inutiles pour une femme (…) Si ma petie fille est une bête, le savoir la rendrait  confiante et insupportable ; si elle a de l'esprit, et de la sensibilité, elle fera comme moi.  

A défaut d'instruction, elle lui apprit à penser et à raisonner juste. Et ces leçons portèrent leurs fruits. Jamais tête ne fut si bien faite sinon bien pleine; elle ne se cacha jamais d'avoir une orthographe lamentable, parfois phonétique.

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Tous les textes sont la propriété exclusive de ©Jaqueline Mathilde Baldran Conception & réalisation : Olivier Bernacchi/artoonum.com - 2015