Le soleil des Habsbourg

 

Ce sont les rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, qui ont préparé, forgé le futur destin de la péninsule. Ils sont la charnière entre le Moyen–Age et les Temps modernes. Avec leur union s'amorce l'unification de l'Espagne.
En 1492, la chute du dernier royaume arabe de Grenade  achève la reconquête de la péninsule et consolide l'unification du territoire.
Avec l'expulsion des Juifs non convertis et l'introduction du tribunal de la Sainte Inquisition, s'amorce l'unification religieuse.

La découverte de l'Amérique, en octobre 1492, ouvre à l'Europe un monde nouveau.
Les infants ne sont que des pions sur l'échiquier politique.
C'est par le mariage de deux de leurs enfants, Juan et Juana, que furent scellés les liens avec les Habsbourg d'Autriche.

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Le roman picaresque ou l’amour confisqué

 

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Il y a quelque paradoxe à vous proposer, au cours d’un cycle consacré aux éducations sentimentales, un genre littéraire dans lequel on chercherait en vain la moindre trace d’amour.
C’est qu’en vérité dans le monde romanesque de la picaresque, où il s’agit essentiellement de survivre, l’amour n’a nulle place. L'on croise parfois quelques figures féminines, qui pourraient susciter un sentiment amoureux, mais le plus souvent, elles sont des dupes, à moins qu’elles ne soient plus expertes encore que les hommes dans l’art de duper son prochain.

Si le roman picaresque peut trouver sa place ici, c’est en tant que roman de formation, d’éducation. Mais d’une éducation très particulière, qui se déroule dans une période historiquement datée : l’Espagne du Siècle d’or et dans une société qui s’est forgée dans des circonstances historiques exceptionnelles.

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La comedia au Siècle d'or

 

La comedia espagnole est, avec le drame élisabéthain et la tragédie française classique, l'un des trois théâtres inventés par l'Europe des temps modernes.
Mais alors qu'on ne cesse de mettre en scène Shakespeare et nos classiques, les plus grands dramaturges espagnols, Lope de Vega, Tirso de Molina, Calderon ne connaissent pas pareille fortune.

 

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Peut-être, la comedia souffre-t-elle  d'avoir été conçue pour répondre, au jour le jour, à la demande d'un public avide de nouveautés ?
Même au zénith de son succès - de la mort de Philippe II à l'avènement des Bourbons - elle s'est voulue à la mesure des goûts et des mœurs de son temps.

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Lope de Vega - Le jardin dévasté

 

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Dernier amour de Lope, dernier piège du destin, dernier nœud d'impossibilités et d'incohérences dans ce destin hors norme. Elle s'appelle Marta de Nevares. Elle a 26 ans. On l'avait mariée à 13 ans à un Asturien, rustre et vulgaire, Roque Hernandez qui vivait le plus souvent sur ses terres. La jeune femme avait fini par s'installer avec sa mère et sa sœur poétesse qui réunissait dans sa maison, proche de celle de Lope, une brillante compagnie de lettrés.

Lope la rencontre pour la première fois en 1616, lors d'une sorte de joue poétique qu'elle présidait dans son jardin. Il tombe amoureux au premier regard. Elle est touchée, émue mais ne se rend pas immédiatement ; c'est tout d'abord une tendre intimité, une idylle d'adolescent.

 

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Lope de Vega - Le clair obscur d'un destin singulier
(Novembre 1562 - 27 août 1635)

 

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Nul ne peut mieux incarner les contradictions de l'âme espagnole en ce siècle d'or que celui qu'on surnomma le prodige, le phénix de la nature.

Son père, Felix de Vega Carpio, était originaire de la région de Santander, brodeur  de luxe de son métier, il aimait les lettres, écrivait des vers.

Il  était passionné et d'une piété extrême. Il était marié, père de deux enfants, quand, sur un coup de cœur, il quitta Valladolid où sa famille était installée, pour suivre à Madrid, une femme dont il venait se s'éprendre.

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L’univers dramatique de Lope de Vega

 

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Il est très difficile de classer une œuvre aussi gigantesque. Pour en donner un aperçu, nous distinguerons, très schématiquement, trois registres.

Les comedias de cape et d''épée, les tragi–comédies et les comedias rustiques.

 

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Don Quichotte ou l'absurde désir d'éternité du chevalier à la triste figure

 

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Avant dire

Il n’est pas de personnage romanesque plus célèbre que Don Quichotte. Nul besoin d’avoir lu une ligne du roman de Cervantès pour connaître sa longue silhouette maigre, juchée sur le dos de son vieux cheval tout aussi efflanqué que lui, et à ses côtés la silhouette replète et pacifique de Sancho sur son âne.

Le roman, paru en 1605, était une parodie géniale de ces romans de chevalerie qui avaient enchanté les précédentes générations avec leurs invraisemblables héros, Amadis de Gaulle ou Palmerin. La vogue de ce genre romanesque était arrivée à son apogée sous le règne de Charles-Quint. La future Sainte Thérèse, Ignace de Loyola, l'empereur lui-même les lisaient, dit-on, avec avidité.

 

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