À l'est du Mississipi. Deux siècles de déshonneur

 

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Les XVIIe et XVIIe siècles sont pour le monde indien des siècles de guerres incessantes.

Tout commence par le commerce des fourrures. Les Français, qui ont fait alliance avec les Hurons, rivalisent avec les Anglais, qui eux se sont alliés aux Iroquois.


Les tribus de la Côte-Est sont mêlées aux conflits qui opposent ces deux grandes puissances.

Jusque vers les années 1730-1750, l'Amérique du Nord est l'Amérique française, mais la monarchie française ne mesure pas l'importance de cette immense colonie qui s'étend du Canada à La Louisiane, de l'embouchure du fleuve Saint-Laurent au delta du Mississipi.

Les colons français sont peu nombreux et abandonnés à leur sort.

 

En revanche, l'Angleterre s'intéresse à ces nouveaux territoires, les immigrants débarquent sur la côte-est et les premiers états se constituent.

 
 

 

Rappels historiques

France

Le 12 juin 1534, Jacques Cartier découvre le Saint- Laurent et, en juillet, il entre en contact avec les premiers Amérindiens de la Nation Micmac. Les jours suivants, la confiance s'installe entre les marins et les autochtones, avec échanges de colifichets, de couteaux, de tissus et autres bimbeloteries contre des peaux d'animaux. En juillet, il met pied à terre à Gaspé qui sera le berceau du Canada. Il y plante une croix et revendique la région pour le roi de France.

 

Les Français y rencontrent des Iroquois qui les accueillent sans grand plaisir. Le chef amérindien, bien que réticent, finit par permettre à Cartier d'emmener deux de ses fils en France. Ils devront apprendre le français afin de servir de guide lors du prochain voyage.

A son retour en France, Jacques Cartier déclarait :

A ce que nous avons connu, il me semble que ce peuple sera aisé à dompter.

 

1535-1536, J. Cartier descend le Saint-Laurent, se rend à Hochelaga (site actuel de Montréal). Les Indiens leur apprennent comment guérir du scorbut, grâce à une infusion, des membres de l'équipage malade qui sont tombés malades. Ils sont sauvés. En mai 36, une messe est célébrée et Jacques Cartier fait ériger une croix ; le soir même, il se saisit du chef et ses deux fils qu'il emmène en France où ils mourront tous les trois.

 

1602, Henri IV accorde à Samuel Champlain le titre de géographe royal. En mars 1603, il part vers la Nouvelle-France. En 1605, il découvre l'Acadie et en 1608 il fait construire la première maison à Québec. Les premiers colons s'installent.

 

C'est le premier des vingt et un voyages qu'il effectuera en la France et l'Amérique. Accompagné de neuf soldats français et de 300 Amérindiens, Champlain explore la rivière des Iroquois et découvre le lac qu'il baptise de son nom. Une rencontre belliqueuse avec les Iroquois entame un long conflit entre les Français et la Confédération des cinq nations.

 

En Europe, les cartographes dressent les premières cartes, grâce aux renseignements fournis par les Indiens. Aucune exploration ne peut se faire sans avoir recours à eux; leur connaissance du pays et des animaux leur est indispensable pour survivre. Des compagnies de fourrure sont fondées; ce commerce constituera la principale activité de la colonie.

 

En 1627, Richelieu fonde la Nouvelle-France qui comprend des territoires très riche en castors. Il souhaite développer les colonies françaises sur le sol canadien mais il échoue. Seul, le commerce des fourrures intéresse la monarchie française, alors que les premières colonies anglaises s'implantent sur la Côte-Est des futurs Etats-Unis.

 

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La désintégration sociale

Les tribus, qui vivaient de la chasse avant l'arrivée des Blancs, savaient préserver les animaux à fourrure, ne capturant que les mâles adultes. Mais, pour répondre à la demande de plus en plus pressante des Blancs, certains vont rompre avec leurs pratiques ancestrales; ils exterminent les animaux et dès lors, ils doivent s'éloigner du littoral et s'enfoncer à l'intérieur des terres, bousculant les tribus qui y étaient installées. De ces incursions naît la discorde parmi les tribus qui deviendra la guerre des fourrures.

 

Cette désintégration de la structure sociale causée par le commerce des peaux est aggravée par l'introduction de fusils, de couvertures, de certaines habitudes alimentaires, surtout de l'alcool, dont certains Indiens deviennent dépendants.

 

Cependant, les Européens, et singulièrement les Français, se laissent attirer par le mode de vie des Indiens, heureux d'échapper ainsi à la vie européenne. Ils s'intègrent parfaitement dans la vie tribale et deviennent membres du groupe.

De nombreux coureurs des bois et autres trappeurs épousent des squaws.

 

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Jusque vers les années 1730 –1750, l'Amérique du Nord est l'Amérique française; du Canada à La Louisiane, un immense territoire de l'embouchure du fleuve Saint-Laurent au delta du Mississipi.

 

Les Français sont partout mais peu nombreux. Dans la mesure où ils font du commerce avec les Hurons, les Anglais recherchent l'alliance des Iroquois. Ce qui était une rivalité entre deux grandes tribus ennemies va dégénérer en un conflit permanent.

 

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La Nouvelle France

 

Angleterre.

Découverte de la Virginie. Avec la fondation, en 1606, de l'établissement de Jamestown, la Virginie devient la première des Treize colonies. Dans les années 1640, elle accueille les cavaliers royalistes restés fidèles au roi Charles Ier d'Angleterre. Ces cavaliers marquèrent profondément la Virginie.

 

Ces colonies, pour la plupart, sont nées de l'octroi de la charte de colonisation accordée par le souverain à une personnalité amie. Cette dernière organise, à ses frais, l'installation des premiers colons et dirige le territoire comme elle l'entend. A l'expiration de la charte, la colonie revient à la Couronne qui nomme à sa tête un gouverneur.

 

1620 Les Puritains, fuyant les persécutions religieuses, débarquent du Mayflower ; ils fonderont le Massachussetts. Accueillis par les Indiens qui les considèrent comme des enfants désemparés, ces premiers immigrants leur doivent la vie. Ils soignent les malades à l'aide de plantes et leur apportent à tous des vivres.

 

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Ils cohabitent en paix quelque temps mais, vite oublieux de ce qu'ils leur devaient, les nouveaux venus trouvent les Indiens de plus en plus gênants; il deviennent aussi intransigeants envers ceux les avait reçus que le Clergé et le pouvoir en Europe l'avaient été envers eux.

 

Les immigrants arrivent en masse et en 1626 certains quittent la côte pour pénétrer à l'intérieur des terres. Naissance du Connecticut (1633).

 

En 1622, les tribus indiennes s'unissent et attaquent les colons anglais. La guerre se poursuit jusqu'en 1625. La répression est féroce. Pour prévenir les révoltes, on détruit des villages pacifiques qu'on brûle avec femmes et enfants :

Dieu a mené les Puritains dans ce Nouveau-Monde et ils doivent exterminer ces païens placés là par Satan.

 

En 1637, une tribu entière est massacrée dans son campement et le pasteur remercie le Seigneur d'avoir permis d'envoyer en enfer les âmes de 600 païens. Les survivants sont vendus comme esclaves.

Un autre pasteur contesta, faiblement :

Comme il eut été heureux que vous eussiez convertis quelques uns avant de les massacrer. Vous me direz qu'ils méritaient leur sort. Je le concède, mais après quelles provocations, et quelles excitations de la part des chrétiens, pires que les païens ! De même est-il plus glorieux aux yeux des hommes qu'agréable à Dieu ou convenable à des chrétiens de terroriser ces pauvres barbares ; je crains, en vérité, qu'à la suite de ces actions, d'autres se sentent poussés à se conduire avec violence.

 

Le comportement des colons embarrasse les autorités métropolitaines qui souhaitent, certes, la mise en valeur du pays mais reconnaissent les Tribus comme des Nations souveraines. Pour attirer les Indiens, on leur offre des cadeaux, de la pacotille, et l'on récompense, les bons Indiens, ceux qui se sont rangés à leurs côtés. Ainsi le système de relations internes de la tribu est-il peu à peu désorganisé.

 

Pour les Blancs, l'Indien n'est plus que le sauvage à éliminer car il empêche l'avancée de la civilisation ou encore un enfant non doué de raison. Cette image de l'Indien n'est pas encore parvenue dans l'Europe des Temps Modernes où ils sont un objet de curiosité auprès des Cours princières. Dans le livre I des Essais, Montaigne raconte l'entrevue de trois Indiens du Canada avec le jeune roi Charles IX. Louis XIV s'honorera de recevoir un chef indien.

 

1626. Les Hollandais débarquent et achètent Manhattan contre les hameçons et de la verroterie; ils fondent New-Amsterdam qui deviendra New-York. Puis arrivent des Allemands, des Suédois, des Ecossais, des Irlandais.

 

En 1641, les colons blancs demandent un tribut aux Mohicans. Ils se révoltent, l'engrenage se met en route: abus, violence, répression. Les Blancs détruisent deux villages indiens.

 

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Un Indien Mohican

 

Mars 1681. William Penn et les quakers fondent la Pennsylvanie. Ils traitent les Indiens comme des hommes. Ils sont les seuls Européens à entretenir avec eux des rapports égalitaires.

 

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W. Penn signant un traité avec les Indiens

 

Les Blancs ont toujours refusé de reconnaître les Indiens comme les possesseurs du sol. Ils découvrent de vastes terres parcourues par des Sauvages qui ignorent l'agriculture. Il leur paraît tout naturel de s'en emparer.

Pour eux, la terre appartient à celui qui la travaille.

 

Ce principe échappe à l'entendement des Indiens qui ne comprennent guère mieux qu'on prétende acheter des arbres, des rivières ou des lacs.

Pourquoi ne pas acheter aussi l'air ?

 

Les colons s'enhardissent et pénètrent vers l'intérieur; ils ouvrent des clairières à proximité de la barrière rocheuse que forment les Appalaches.

Ils occupent les terres, défrichent, détruisent le gibier. Exaspérés, les Indiens attaquent les fermes isolées, brûlent les récoltes, volent le gibier, espérant ainsi terroriser les colons et les obliger à fuir.

 

De massacre en répression, la révolte des tribus devient générale.

Dans ce combat inégal, et malgré leur courage, les Indiens sont vaincus. La répression des colons est alors impitoyable. Les tribus finissent par se soumettre. Ils sont convertis de force; les guerriers seront utilisés comme mercenaires pour lutter contre les Indiens de la Frontière, zone de contact entre les Indiens et les colons.

On leur apprend à scalper leurs adversaires pour apporter la preuve qu'ils les ont tués. La chasse au scalp est le sport favori des colons, chaque scalp est bien payé par le gouvernement du Massachussetts et les primes ne cesseront d'augmenter.

 

Entre 1689 et 1718, les tribus indiennes se trouvent entraînées dans la guerre ininterrompue que se livrent Français et Anglais.

Les Iroquois restent fidèles à leurs alliés. Quand le traité de Paris, en février 1763, met fin la domination française en Amérique du Nord.

 

La victoire des Britanniques et l'élimination des Français, amènent un revirement. Les Indiens ne sont plus considérés que comme une force négligeable dont il faut se débarrasser.

Les Iroquois, qui avaient été les fidèles alliés des Anglais, ne comprennent pas pourquoi ils ont changé de maîtres.

L'un des plus célèbres chefs iroquois, Seneca, fut Red Jacket.

 

Son vrai nom indien était Sagoyewatha. On prit l'habitude de l'appeler ainsi car il portait le plus souvent l'habit rouge des troupes britanniques aux côtés desquelles il avait combattu pendant la guerre d'indépendance américaine.

 

Plus tard il fit la paix avec les États-Unis et, en 1792, rendit visite à George Washington qui, en témoignage de sympathie, lui remit une médaille d'argent. Bien qu'ami des Blancs, il refusait l'introduction de coutumes étrangères au sein de son peuple.

 

L'intolérance des Blancs le révoltait :

Notre territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste à peine l'espace pour étendre nos couvertures. Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à épouser votre religion.

 

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Red Jackett

 

Un dossier officiel gardé en archives relate sa rencontre avec un missionnaire. Ce dernier refusa de lui serrer la main en disant il ne peut y avoir d'amitié entre la religion de Dieu et le Diable.

 

Calmement, Red Jacket lui répondit

Tes ancêtres avaient traversé les grandes eaux et posaient le pied sur cette terre Ils étaient peu nombreux. Ils trouvèrent en nous des amis, pas des ennemis ; Ils nous racontèrent qu'ils avaient quitté leur pays aux mains de mauvais hommes et qu'ils venaient ici pour jouir de leur religion. Ils nous demandèrent une petite place. Nous les avons pris en pitié et pourvu à leurs demandes ; et ils s'assirent parmi nous. Frère, nous ne voulons pas détruire ta religion, ni te la voler ; nous voulons seulement jouir de la nôtre.

 

A la fin du XVIIIe, 13 colonies anglaises se sont implantées. Des milliers de villages ont déjà disparu.

La guerre d'indépendance des Etats-Unis, qui s'achève en 1785, sera fatale aux Indiens car la couronne britannique, soucieuse de se ménager l'alliance des tribus indiennes, limitait autant qu'elle le pouvait les prétentions des pionniers.

 

Désormais ils sont abandonnés à ceux qui ont tout intérêt à les faire disparaître.

En 1787, la Constitution reconnaît les Indiens comme des Nations indépendantes.

Or, sur le terrain, il est impossible d'endiguer le flot des colons. Les Blancs s'installent dans les clairières, défrichent, se regroupent en petits villages.

 

La même année, l'ordonnance du Nord-Ouest contredit le texte même de la Constitution :

Les régions de l'Ouest pourront se constituer en territoire, une fois le quorum atteint de 60.000 colons.

 

Les Indiens se soulèvent. Ils perdent la bataille de Fallen Tumbers (1794).

En 1811, le chef indien Tecumseh tente de regrouper les tribus, mais ils sont vaincus et doivent abandonner une grande partie de l'Ohio et de l'Indiana.

 

Des traités sont signés pour garantir la paix et le respect des tribus concernées. Le Bureau des Affaires indiennes (BIA) est crée en 1824 pour défendre les intérêts des Indiens et veiller à l'application des traités.

Plus de 140 seront signés et violés.

 

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Le chef Tecumseh

 

En 1829, le Président Jackson, grand massacreur d'Indiens, donne satisfaction aux colons, aux trappeurs et aux compagnies de fourrures, en faisant voter le Removal Act qui oblige tous les Indiens vivant à l'est du Mississippi à quitter le sol de leurs ancêtres pour d'autres terres, à l'ouest du fleuve.

Ce sera un territoire indien sur lequel le commerce ne pourra se pratiquer qu'avec licence décrète le Bureau des Affaires Indiennes; ce territoire sera limité par la frontière.

 

On ne se préoccupe pas de savoir comment ils vont vivre dans un autre milieu naturel, comment ils vont être reçus pas les tribus; les Indiens Mandans occupent déjà les grandes Plaines.

La plupart des Blancs considèrent cet exode comme nécessaire.

 

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Washington espère que les Indiens ainsi refoulés, perdant leur mode de vie traditionnel, accepteront plus facilement la civilisation.

 

Les terres qu'ils ont laissées et qui étaient leurs terrains de chasse seront, enfin, mises en valeur.

On construit des forts qui sont surtout des postes militaires pour empêcher les infractions. La décennie suivante fut terrible pour les Indiens de la côte-est.

 

Ils sont exilés vers l'ouest ; on pousse d'un camp à l'autre, hommes, femmes, enfants, vieillards, malades, à cheval, à pied.

Même ceux qui se sont adaptés au mode de vie des Blancs ne peuvent échapper à la déportation.

C'est le cas des Cinq Tribus civilisées, les Cherokees, les Chickasawas, les Creeks et les Séminoles qui vivaient dans le sud-est des Etats-Unis. Ils avaient adopté les coutumes occidentales, ils vivaient dans des maisons européennes, cultivaient la terre et entretenaient de bonnes relations avec leurs voisins.

Pourtant, ces cinq tribus furent elles aussi contraintes à l'exil.

 

En 31, Tocqueville vit l'exode des Choctaw et rapporte :

On était au creux de l'hiver et le froid sévissait avec une violence inaccoutumée, la neige avait durci la terre le fleuve charriait d'énormes glaçons. Les Indiens menaient avec eux leurs familles, traînaient à la suite des blessés, des malades, des enfants qui venaient de naître et des vieillards qui allaient mourir. Ils n'avaient ni tentes ni chariots mais seulement quelques provisions et des armes. On n'entendait parmi cette foule assemblée ni sanglots, ni plaintes, ils se taisaient. Ils étaient tous entrés dans le vaisseau qui devait les porter; leurs chiens restaient encore sur le rivage, lorsque les animaux virent qu'on allait s'éloigner pour toujours, ils poussèrent d'affreux hurlements et s'élançant tous à la fois dans les eaux glacées du Mississipi, ils suivirent leurs maîtres à la nage.

 

Les Cherokees en Géorgie étaient sans doute les plus civilisés.

Ils s'étaient complètement adaptés à la culture occidentale. Ils étaient convertis. L'un d'entre eux, Sequoyah, avait inventé un alphabet cherokee en 85 signes. En 3 ans, tous furent alphabétisés, chacun ayant appris tout seul.

En 1828, ils avaient fait paraître leur premier journal.

 

Lorsqu'on leur demanda de céder une partie de leur territoire et de partir vers des terres plus propices à leur bonheur, ils refusèrent, au nom de la Constitution et des traités passés.

Ils se battirent devant les tribunaux, firent appel.

En vain.

En 1838, 15.000 Cherokee durent prendre la route de l'Oklahoma, 4000 moururent en chemin, appelé désormais : Le chemin des larmes.

 

Tocqueville écrit en 1835 :

Ils vont habiter de nouveaux déserts où les Blancs ne les laisseront pas dix ans en paix. C'est ainsi que les Américains acquièrent à vil prix des provinces entières que les plus riches souverains d'Europe ne sauraient payer.

 

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Le chemin des larmes

 

La migration des Cinq tribus civilisées vers le grand Ouest américain consacrait la théorie de la frontière entre deux peuples, une frontière mouvante. La conquête de l'ouest allait commencer.

D'autant qu'en 1845, s'imposa alors un argument irréfutable La destinée manifeste ; cette notion apparût dans un journal new-yorkais, sous la plume de John Louis Sullivan.

 

Il développait une idée qui était devenue une évidence depuis l'exploration menée dans l'Ouest par Lewis et Clark (1805-1806) qui avaient traversé les Etats-Unis jusqu'à la côte pacifique.

 

Il était manifeste que la conquête du continent par les Américains n'avait pu s'accomplir sans la bienveillante approbation de Dieu.

Il avait manifestement choisi le peuple américain pour s'emparer du continent et y faire régner sa loi.

La destinée manifeste fut, incontestablement, le moteur idéologique de l'expansion vers l'ouest et, par voie de conséquence, de la destruction des nations indiennes qui tentèrent de s'y opposer.

Elle avait l'avantage de justifier les spoliations à venir.

 

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De 1840 à 1860, arrivèrent plus de 4 millions d'Européens.

Ces immigrants pauvres, venus d'Angleterre, d'Allemagne, des pays scandinaves étaient, pour la plupart, des ruraux aussi exploités que les Indiens; le gouvernement les poussait vers l'ouest; ils empruntaient soit la piste de Santa Fe vers le sud- ouest, soit celle de l'Oregon vers le nord- ouest; on leur accordait des terres pour de sommes dérisoires.

Ces terres avaient été arrachées aux Indiens par traités mais à partir de 1870, elles le seront par la force.

 

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Sur la route de l'Ouest

 

En 48 des milliers de chercheurs d'or envahissent la Californie. Le BIA estimait à 100.000 mille la population indienne. En 67 ils ne seront plus que 20.000 et 4.000 en 1903.

Les tribus des Plaines étaient le dernier obstacle à la conquête de l'ouest. Elles étaient désormais condamnées.

 

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