La Conquête de l'ouest - Les Cheyennes

 

Surnommés les Beaux Cheyennes au temps de leur splendeur, ils connurent, comme toutes les tribus des Plaines, un tragique destin.

 

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A l'origine ils vivaient dans le Nord-Est des Etats-Unis et étaient agriculteurs. Puis ils furent refoulés vers le Minnesota et le Dakota du Sud où ils continuèrent à cultiver la terre mais commencèrent à chasser le bison. Enfin, ils abandonnèrent leur vie sédentaire pour devenir des tribus des Plaines à part entière.

 

Au début du XXe siècle, les Cheyennes se scindèrent en deux groupes. Celui du Sud resta près du fleuve de La Platte, dans le Nebraska, et celui du Nord partit vivre dans les Black Hills, à proximité des Sioux-Lakotas dans le Dakota du Sud.

 
 

 

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Les Cheyennes du Sud 

En 1851, par le traité de Fort Laramie avec les représentants des Etats-Unis, ils avaient accepté la construction de routes et de forts. Mais ils ne renonçaient pas à leurs territoires de chasse. Ils entretenaient des relations pacifiques avec les Blancs.

 

Vers 1858, la ruée vers l'or amena des milliers d'hommes qui construisirent des petits villages puis la ville de Denver. Les Blancs posèrent des bornes pour délimiter leurs ranchs sur des territoires appartenant par traité aux Cheyennes.

 

Les nouveaux venus étaient assez nombreux pour que fût créé l'état du Colorado ; afin de sauvegarder la paix, des représentants du gouvernement avaient négocié un nouveau traité. Les Indiens avaient accepté de vivre dans un secteur bien défini délimité par Sand Creek et la rivière Arkansas. Il était impropre à l'agriculture et sans gibier mais ils gardaient toute leur liberté de mouvement sur leur territoire de chasse. L'accord s'était terminé sur une grande fête, avec remise de médailles.

 

Tous les chefs de tribus n'avaient pas signé. Chaudron Noir et Ours chétif avaient été invités à Washington où le Président Lincoln leur avait remis des décorations et à Chaudron Noir un immense drapeau des Etats- Unis, avec les 34 étoiles.

 

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Chaudron noir

 

Les immigrants arrivaient toujours plus nombreux et il devenait de plus en plus difficile aux Cheyennes du Sud de chasser. Certains partirent rejoindre les Cheyennes du nord. D'autres, comme les clans de Chaudron-Noir et Ours Chétif, demeurèrent.

 

Ils commerçaient dans le Kansas quand ils apprirent que des Cheyennes avaient été attaqués, ils partirent pour leur porter secours. Sur leur route, ils croisèrent un détachement de soldats. Ours-Chétif voulut leur faire savoir qu'ils étaient pacifiques. A peine se fut-il avancé, en hissant bien haut son drapeau blanc, que sur un ordre lancé, les soldats le criblèrent de balles.

 

Les Cheyennes commencèrent à se battre à coups de flèches et à poursuivre les soldats. En vain Chaudron-Noir tenta-t-il de les calmer. Il pleurait son vieil ami Ours Chétif et voulait comprendre pourquoi on les avait attaqués.

Les Cheyennes du sud avait un ami, William Bent, qui avait épousé une Cheyenne ; leur deux fils métis vivaient souvent avec les Indiens. Bent leur expliqua qu'il y avait eu des incidents et que le colonel Chivington avait donné de tuer les Cheyennes chaque fois et où que ce soit qu'on en rencontrât.

 

Chaudron Noir était âgé, il ne voulait pas la guerre : Je n'ai ni l'intention, ni le désir de combattre les Blancs ; je souhaite vivre en paix avec eux.

 

Ce fut le message que W.Bent se chargea de transmettre à Chivington. Il en fit, plus tard, le témoignage sous serment.

John Evans, gouverneur du Colorado, voulait ouvrir le territoire à la civilisation et au développement ; c'est pourquoi, faisant le silence sur les violations du traité, il répondit que Le Père de tous était irrité et exigeait que les Indiens pacifiques se retirent loin de tous les accrochages pour être en sécurité et qu'ils se réfugient dans leur réserve de Fort Lyon.

 

Bent transmit ce message, mais il n'atteignit pas toutes les tribus éparpillées alors sur leurs territoires de chasse.

Puis comme les troubles persistaient, un nouveau décret déclara "hostiles" tous ceux qui n'auraient pas obéi sans délai et, en ce cas on avait le droit de les tuer. Dans ce but, au cours de l’hiver 1863, une milice avait été levée et placée sous les ordres du colonel Chivington, connu pour sa haine des Indiens.

 

Il n'était pas le seul à vouloir leur élimination. En 1864, le lieutenant George S. Eayre qui avait déclaré son intention de "tuer tous les Cheyennes."

 

Chaudron Noir se tenait à l'écart du conflit. Ayant appris que des bandits avaient enlevé quatre jeunes garçons, il les racheta en leur donnant trois de ses poneys afin de les rendre à leur famille.

Il demanda au fils de W. Bent d'écrire, d'une part pour prévenir de la présence de ces enfants, et parce qu'il voulait que sa tribu fût accompagnée par un détachement de l'armée jusqu'à leur réserve.

 

Deux Indiens apportèrent la lettre au fort Lyon et la remirent au major Wynkoop. Il accepta de très mauvais gré d'accompagner les deux Indiens mais son sentiment évolua à mesura qu'il les connut mieux :

J'avais le sentiment de me trouver en présence d'être supérieurs ; ils étaient les représentants d'une race que j'avais considérée, jusqu'ici, sans exception, comme cruelle, déloyale, incapable d'éprouver de l'affection pour des amis, ou leurs semblables.

 

Il allait désormais faire partie de leurs amis les plus sûrs. Les voyageurs rejoignirent les Indiens ; ils débattirent ensemble de cette protection que demandait Chaudron Noir et, au terme des débats, le vieux chef indien déclara avec un imperceptible sourire :

Il y a de mauvais Blancs et de mauvais Indiens Je suis hostile à la guerre mais je crois néanmoins que ce sont les Blancs qui sont à blâmer. Ils ont commencé la guerre et forcé les Indiens à se battre.

 

Wynkoop se rendit auprès du général Evans et insista pour qu'il rencontrât les Indiens :

Mais que ferai- je du 3ème régiment du Colorado, si je conclus la paix. Les soldats ont été formés à tuer des Indiens, il faut qu'ils continuent à tuer des Indiens.

 

En fait il était soumis à la pression des citoyens du Colorado.

Les Indiens avaient parcouru 600 kms pour venir jusqu'à lui ; il dut les rencontrer mais l'entrevue se passa fort mal, le colonel les accusa de méfaits qu'ils n'avaient jamais commis et ils furent confrontés au colonel Chivington qui haïssait les Indiens.

 

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Le colonel Chivington

 

Cependant, tous les Cheyennes, y compris le vieux chef Antilope Blanche, firent preuve d'une patience angélique. Wynkoop, trop favorable aux Indiens avait compromis définitivement sa carrière. Il fut relevé de son poste de commandement et remplacé par Antony.

Méfiant à son égard, Chaudron Noir vint cependant le voir. Il lui conseilla de s'installer à Sand Creek où ils seraient sous la protection de Fort Lyon.

Peu après arrivèrent les renforts qu'Antony avait réclamés.

 

On commença à parler de collectionner les scalps. Certains gradés, dont le capitaine Silas Soule, protestèrent en disant que ce serait un meurtre et qu'une telle vilenie déshonorerait l'uniforme.

 

Maudit soit tout homme qui sympathise avec les Indiens. J'ai décidé de tuer les Indiens et je crois qu'il est juste et honorable d'employer tous les moyens possibles, lui répondit Chivington.

 

Il fallait obéir ou passer en cour martiale.
Il avait dit : Il faut tuer et scalper tous les Indiens, mêmes les bébés. Les œufs font des poux.

 

Le 28 novembre le colonel Chivington et 800 hommes partirent de Fort Lyon. Le lendemain matin, il ordonna à ses troupes d'attaquer. Le capitaine Silas Soule refusa de suivre les ordres et demanda à ses hommes de ne pas ouvrir le feu.

Les Indiens, confiants, n'avaient même pas posté de gardes de nuit. Dans les tentes, au centre du camp, il dormaient encore quand des bruits des pas de gens qui couraient dans tous les sens les réveillèrent. Des femmes, des enfants hurlaient de terreur et cherchaient protection en se réfugiant autour de Chaudron Noir.

 

Antilope Blanche, un homme de 75 ans, au visage buriné par le soleil et les intempéries, était persuadé que les soldats cesseraient de tirer quand ils verraient le drapeau américain. Il guida son cheval vers les soldats s'avança.

Quand il comprit qu'il s'était trompé, il s'arrêta et avant d'être abattu, il croisa les bras et entonna son chant de mort : Rien n'est éternel. Sinon la terre et la montagne.

Il fut immédiatement abattu.

 

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Et ce fut l'horreur. Un régiment parfaitement discipliné aurait anéanti tous ces Indiens sans défense, mais les soldats, encore sous les effets de l'alcool qu'ils avaient bu pendant leur chevauchée nocturne, furent de piètres tireurs et de nombreux Indiens, même blessés, parvinrent à fuir.

 

Parmi eux Chaudron Noir et quelques autres qui, en se réfugiant dans un ravin, réussirent à échapper au massacre.

L'attaque terminée, les soldats mutilèrent les cadavres.

 

Chivington et ses hommes s'emparèrent des vêtements des victimes se parèrent de scalps et de différents morceaux des corps, y compris des organes génitaux, avant d'aller afficher publiquement ces trophées dans le saloon de Denver. Il déclara en outre que ses troupes avaient combattu dans une bataille contre des indiens hostiles ; l'action fut d'abord célébrée comme une victoire.

 

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Lorsqu'il rédigea son témoignage, il affirma avoir tué des guerriers. Cependant, le témoignage de Soule et de ses hommes contre lui obligea à ouvrir une enquête.

Il passa devant la cour martiale. Il dénonça Soule comme un menteur, et celui-ci fut assassiné plus tard par un homme qui avait servi sous le commandement de Chivington à Sand Creek.

 

Certaines rumeurs de l'époque impliquèrent Chivington dans cet assassinat.

Il fut condamné pour sa participation à ce massacre, mais il avait quitté l'armée, et l'amnistie générale qui succéda à la guerre de Sécession mit un terme à toutes poursuites.

 

Toutefois, un juge de l'armée déclara publiquement que Sand Creek était une lâche boucherie exécutée avec sang-froid, suffisamment pour couvrir ses auteurs de l'indélébile infamie, et de honte et d'indignation le visage de chaque Américain.

 

L'indignation publique fut intense face à la brutalité des massacres et à la mutilation des cadavres.

Quelques heures de folie avaient suffit pour miner l'autorité des survivants qui avaient défendu la paix. Les fils de Willam Bent renièrent la race de leur père et leur mère le quitta car il lui était impossible désormais de vivre avec un homme blanc.

 

Au début du XX ème siècle, les Cheyennes se scindèrent encore une fois en deux groupes. Celui du Sud resta près du fleuve de La Platte,, dans le Nebraska, et celui du Nord partit vivre dans les Black Hills, à proximité des Sioux-Lakotas dans le Dakota du Sud.

 

Ils furent accueillis chaleureusement et se retrouvèrent près de Nuage-Rouge. Ils étaient plus de 8.000 et avec les Sioux et les Arapahos ; ils ne faisaient plus qu'un groupe uni. Désormais leurs combats vont se confondre avec ceux des Sioux

 

Chaudron noir et son clan partirent pour l'Arkansas ; les Cheyennes avaient été chassé du Colorado, mais la ville de Denver se trouvait en territoire cheyenne.

William Bent fit l'impossible pour sauvegarder leur territoire de chasse ; il transmit leur message :

Ce sera chose très pénible pour nous de quitter le pays que Dieu nous a donné… Il y eu Sand Creek tant de nos amis y sont morts. Notre camp a été anéanti, nos chevaux volés.

 

Réponse fut : Nous comprenons mais malheureusement pour vous, de l'or a été trouvé dans ce pays et est accourue une foule d'hommes blancs. Vous seriez victimes d'abus, vous reprendriez les armes.

 

Leur vieil ami Winkoop fut nommé agent de leur réserve, et ils connurent quelques jours heureux. Sachant que les jeunes guerriers encouragés par les victoires de Nuage Rouge, voulaient se battre, Chaudron Noir réunit son Conseil et décida de s'éloigner.

 

Inquiets des rumeurs qui circulaient, les chefs se rendirent à 160 kms de là, au Fort Cobb pour demander la permission de s'installer à proximité pour être protégés.

Le général Hazen refusa et les assura que leur peuple ne serait pas attaqué alors qu'il était au courant des plans de guerre qu'échafaudait le Général Sherman.

 

Chaudron Noir mit son peuple en garde mais en vain.

Un matin, surgissant du brouillard, des quatre directions à la fois s'élancèrent les colonnes de soldats et ce fut la même horreur qui se reproduisit. Et cette fois Chaudron Noir fut tué.

 

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Massacre de Washita

 

Ce fut le massacre de la Washita River. Sheridan se vanta d'avoir écrasé Chaudron Noir qui avait refusé de faire sa soumission.

 

Les survivants arrivèrent à pied au fort Cobb. L'un des chefs rencontra Sheridan pour lui dire qu'ils se soumettaient Nous sommes de bons Indiens, dit il.

Les seuls Indiens bons que j'aie jamais vus étaient des Indiens morts lui aurait-il répondu.

 

Antilope Blanche, Ours Chétif, Chaudron Noir et bien d'autres étaient morts. Ils étaient devenus de bons Indiens.

 

L'exode des Cheyennes du Nord.

Cet épisode plus tardif (1877) se situe après la défaite finale des Sioux

 

Ce fut une incroyable épopée. (cf le film de John Ford) C'est avec la fuite des Nez Percés de Chef Joseph, l’une des actions les plus héroïques accomplies par les Indiens.

 

En 1877, les Cheyennes espéraient rester avec leurs amis Sioux, mais ils furent envoyés en Territoire Indien, sur la réserve des Cheyennes du Sud dans l’actuel l’Oklahoma.

 

On leur promit que si la réserve ne leur convenait pas, ils pourraient repartir.

Habitués aux plaines verdoyantes et fraîches, aux collines boisées du Montana, ils ne pouvaient s’habituer aux étés brûlants de l’Oklahoma et aux déplorables conditions de leur détention.

 

Le lieutenant Lawton, qui leur rendit visite, écrivit dans son rapport en septembre 1877 :

Ils ne reçoivent pas assez de provisions pour échapper à la famine… Ils ne gardent pas pour eux le peu de denrées que j'ai vu leur être distribué, mais le donnent à leurs enfants qui réclament à grands cris de quoi manger. La viande de bœuf qu'on leur sert est de très mauvaise qualité et ne peut être considérée comme comestible ni propre à aucun usage.

 

Ils souffrirent bientôt de malaria et au printemps suivant, une cinquantaine de leurs enfants avaient succombé à une épidémie de rougeole.

Ils avaient aussi la nostalgie de leurs riches prairies du Montana.

 

La vie était intenable et à la fin de l’été 1878, les chefs, Couteau Emoussé et Petit Loup, firent part à l’agent Miles de leur volonté de retourner au Montana.

L’agent alerta ses supérieurs qui ne répondirent pas.

 

Ils décidèrent alors de s'enfuir dans la nuit du 9 septembre 1878.

De tous les forts de la région, deux mille soldats affluèrent pour leur couper la route. Ils furent interceptés par une unité du 4ème régiment de cavalerie.

 

Après un vif échange de coups de feu, les soldats abandonnèrent le terrain et se replièrent sur Fort Reno.

Neuf mille soldats, sous les ordres du général George Crook, furent amenés par chemin de fer. Trois mille miliciens rejoignirent les forces armées pour traquer les trois cents Cheyennes qui comptaient moins de cent hommes en état de combattre.

 

Les Indiens, qui évitaient à tout prix l’affrontement avec les Blancs, parvinrent à se glisser à travers le plus imposant dispositif militaire jamais mis en place par l’armée américaine.

Au Kansas, les soldats capturèrent des chasseurs de bisons qu’ils laissèrent repartir après les avoir délesté de leurs armes et de la viande qu’ils avaient. Parfois, des guerriers quittaient le convoi et revenaient le lendemain avec des chevaux, un fusil, quelques provisions.

 

Ils franchirent l’Arkansas. Le 26 septembre ils furent attaqués par les soldats qui abattirent plusieurs de leurs chevaux mais ils parvinrent une nouvelle fois à décrocher en protégeant les femmes et les enfants.

Désormais, certains durent aller à pied. Ils se trouvèrent arrêtés par la Kansas Pacific Railroad qui coupait la route. Ce passage était particulièrement risqué car des soldats circulaient en permanence le long des voies. Pourtant les trois cents Cheyennes passèrent dans un silence absolu, avec leurs chevaux et leurs enfants pendant la nuit du 29 septembre. Puis ils traversèrent la South Platte le 4 octobre.

 

Ils voyageaient dans un pays maintenant largement occupé par les Blancs : les ranchs, les fermes et les clôtures étaient autant d’obstacles redoutables.

Le général Crook ordonna à toutes les troupes disponibles d’arrêter les fuyards qui venaient de s’engager dans le désert de sable du Nebraska.

Epuisés, affamés, ils cherchaient seulement à échapper aux forces qui les traquaient.

Pour donner de meilleures chances à ceux qui semblaient en état d’atteindre le Montana, ils décidèrent de se séparer.

 

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Tandis que Petit Loup poursuivait sa route vers le pays cheyenne, Couteau émoussé avec les plus faibles, se dirigea vers Fort Robinson ; ils croyaient y retrouver Nuage Rouge mais il avait été transféré sur la réserve de Pine Ridge, à cent kilomètres de là.

 

Ils passèrent deux mois à Fort Robinson, nourris, bien traités, ils reprirent des forces. Certains de leurs amis lakotas furent même autorisés à leur apporter des vêtements et des couvertures dont ils manquaient cruellement.

Ils réitéraient leur refus de retourner en Oklahoma.

 

Le jour de Noël 1878, un ordre arriva de Washington : les Cheyennes devaient retourner sans délai en Oklahoma.

Ils refusèrent farouchement.

Ils furent aussitôt consignés dans leurs baraquements et des gardes furent postés autour. On leur accorda quelques jours de réflexion.

 

Ils avaient pris la précaution de ne pas se défaire de leurs armes et avaient démonté leurs fusils pour les dissimuler, les femmes cachant les canons dans leurs vêtements.

 

Dans les premiers jours de janvier, le capitaine qui commandait le fort leur fit supprimer le chauffage, la nourriture et même l’eau. Au soir du 9 janvier 1879, les Cheyennes prisonniers tentèrent une sortie désespérée.

Une cinquantaine, dont beaucoup de femmes et d’enfants, tombèrent sous les balles des soldats.

Quelques dizaines purent s’échapper.

 

Le 23 janvier, trente-deux fugitifs furent cernés.

Les cent cinquante soldats déclenchèrent un feu d’enfer.

Couteau émoussé et quelques survivants parvinrent jusqu'à la réserve de Nuage Rouge où ils furent faits prisonniers.

 

Pendant ce temps Petit Loup et ses partisans passèrent l'hiver camouflés dans des tranchées, puis ils se remirent en route vers leur pays.

Il se soumit contre la promesse que son peuple serait épargné.

Après des mois de démarches administratives, ils obtinrent tous, vaille que vaille, ce qu'ils attendaient. Mais pour la plupart d'entre eux, ces mesures venaient trop tard. C'en était bien fini des Beaux Cheyennes.

 
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