Le roman gothique 4 - Mathew Lewis : Le Moine 

 

 

Avant dire

La fantastique de Walpole et d'A. Radcliff avait pris la forme du gothique qu'un imprévisible engouement avait mis à la mode. Mais dans les dix dernières années du siècle, la découverte d'une nouvelle littérature allemande allait offrir aux écrivains anglais d'autres matériaux puisés dans les légendes et les contes populaires allemands dont le folklore était peuplé d'êtres surnaturels, de génies, de démons. Peut-être parce qu'autrefois les peuples germains vivaient au sein d'une nature hostile au climat rigoureux.

 

Ce folklore national avait été remis à l'honneur par le Sturm-und Drang, mouvement littéraire qui fut un renouveau de l'inspiration poétique.

 
 

L'expression Sturm-und Drang vient d'une pièce d'un auteur dramatique, Klinger, un mélodrame assez confus, dont seul le titre a survécu, pour évoquer le dynamisme et aussi la violence d'un mouvement qui se voulait au premier chef une émancipation et une conquête de la liberté.

Qualifié par Goethe de révolution littéraire,  il s'opposait sur le plan esthétique à une influence française, notamment dans le genre dramatique, jugée desséchante.

 

On rechercha désormais la spontanéité, l'intensité et l'originalité. On refusait la contrainte des règles.

Il correspond à ce que fut dans les pays anglo-saxons et en France, le préromantisme.

Dans les légendes allemandes, les morts revenaient sur terre. Ainsi ce soldat mort au combat qui revient sur terre pour faire partager sa tombe à sa femme.

On s'y égare dans de vastes et sombres forêts germaniques que Goethe crut voir figée dans la pierre en contemplant la cathédrale de Strasbourg.

 

Du Moyen-âge, l'Allemagne tenait le sombre privilège de la magie noire et de la sorcellerie.

Par ailleurs, les procès de l'Inquisition avec ses exécutions spectaculaires avaient laissé des traces dans la mémoire collective.

Ce qui explique, sans doute que dans ces légendes, l'anti-catholicisme se manifeste avec une expression brutale. On y voit des moines qui succombent aux péchés de chair et s'abandonnent sans réserve à la luxure.

 

Elles sont peuplées de redoutables couvents où les femmes étaient victimes d'innombrables sévices qui châtiaient les plus  naturelles  sollicitations des sens. Ce ne sont pas des contes paillards mais des récits sinistres.

A tous ces aspects nocturnes de l'âme allemande, le  Sturm und Drang donna une expression littéraire.

 

Puis dans le sillage de la poésie, se fit jour une littérature romanesque. Mais le nouveau roman allemand, qui n'avait pas à redouter la censure d'un puritanisme anglican, se distinguait par l'outrance avec laquelle les thèmes y étaient traités. Il reflétait, à sa manière l'âme germanique, du moins telle que la concevait le XVIII finissant.

Quelques romans furent traduits, mais ce fut Lewis qui fut principal intermédiaire.

 

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Matthew Lewis (1750-1818)

 

Il appartenait à une famille liée à la diplomatie et propriétaire de vastes domaines à la Jamaïque. Ses amis le disaient affectueux, tendre, généreux, paisible, peu enclin au divertissement, mais passionné de théâtre. Il avait une imagination débordante et une grande sensibilité.

 

Son adolescence avait été troublée par la mésentente de ses parents. Il respectait son père, le vénérait, mais se sentait plus proche de sa mère qui encourageait son goût pour l'écriture.

Il fit ses études à la Westminster School, puis à Oxford, et passait ses vacances à l'étranger pour apprendre les langues modernes.

 

Selon le vœu de son père, il se destinait à une carrière diplomatique. Ce fils ainé d'un haut fonctionnaire suivit docilement la voie choisie pour lui mais à l'évidence, cette carrière ne l'intéressait pas.

Dans les lettres qu'il envoyait à sa mère, il ne parlait jamais de sa future carrière, mais de littérature.

Il avait commencé à écrire à l'âge de 14ans…

 

Jeune étudiant à Oxford, il vint passer l'été à Paris en 1791. Il avait 16 ans.

Le jeune homme semble avoir fort peu usé des nombreuses lettres de recommandation que lui avait remises son père. Si l'on s'en tient aux lettres échangées avec sa mère, il semble ne s'être intéressé qu'au théâtre qui, alors, à Paris, connaissait une incroyable vogue.

 

En effet, en 1790, l'Assemblée nationale avait pris une mesure officielle qui mettait un terme aux privilèges de la Comédie française. Il libérait l'art dramatique en la dépossédant d'une exclusivité qui paralysait ainsi toute initiative. Quiconque eut le droit d'ouvrir un théâtre. Ce fut une vraie frénésie. 45 salles furent ouvertes, 51 l'année suivante.

Pendant la Révolution, le théâtre avait constitué une vraie caisse de résonance des émotions et des idées d'un peuple en effervescence  qui se ruait dans les multiples théâtres qui avaient ouvert leurs portes.

 

On sait que Lewis vit les sombres drames qui faisaient les délices des spectateurs parisiens, en particulier, Les Victimes cloîtrées de Monvel.

Cet adolescent qui s'était distingué à l'école par ses talents d'acteur.se piquait déjà d'être un auteur dramatique. 

L'année suivante, sur le conseil de son père, il fit un voyage en Allemagne qui fut déterminant pour sa carrière d'homme de lettres.

C'était les grands moments du Sturm-und Drang, (Tempête et passion en français).

 

A Weimar, capitale artistique et littéraire, il avait ses entrées à la cour du Grand Duc, où il rencontrait tous les jeunes chefs de fil du Sturm-und Drange. Il découvrit la poésie allemande contemporaine.

Pour être en mesure de l'apprécier, il apprit l'allemand, avec un rapidité étonnante.

Les rudes ballades germaniques que le Sturm und Drang avait remises à la mode, le fascinaient. Il en inclura dans Le moine.

 

Il se plongea dans la lecture de ces légendes d'un autre âge où il n'était question que de spectres, de sortilèges.

Très vite, il put envoyer à sa mère des traductions approuvées par les auteurs eux-mêmes.

En 1794, grâce à la protection paternelle, il fut nommé attaché à l'ambassade britannique, à La Haye.

 

Il n'y resta que quelques mois;  c'est là qu'il écrivit, en dix semaines, Le Moine.

Sans nul doute le succès que connaissait Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe, l'avait incité à tenter l'expérience du roman gothique.

Son roman fut publié en 1795 avec un retentissant succès de scandale.

L'auteur avait 20 ans.

 

Ce roman d’une étonnante force transgressive raconte l’histoire d’Ambrosio, un moine espagnol vertueux, connu pour son austérité , qui, tenté par le diable, sombre dans la luxure.

Ce que l'on appela l'immoralité ou l'indécence du roman fit beaucoup pour sa popularité.

Les mères étaient obligées de le mettre sous clef pour empêcher les jeunes filles maladives et sentimentales de le lire.

Certains passages sont d'une telle nature qu'un an après, le livre fit l'objet d'une injonction de restriction à la vente.

 

Lewis publia une deuxième édition dont il avait retranché tous les passages jugés répréhensibles. Il lui fallait aussi calmer le courroux paternel. Mais ces coupures n'enlèvent rien au caractère terrifiant de l'ouvrage.

 

Le Moine de Matthew Gregory Lewis parût en 1796.

 

Son jeune auteur n'imaginait pas qu'il provoquerait un tel scandale. Il fut attaqué par les bien-pensants, les moralistes et défendu par l'opinion libérale.

La polémique qu'il suscita ne se plaçait nullement sur le terrain de la création littéraire. On dénonçait le sadisme de Lewis. On l'accusait d'obscénité, et d'impiété..

Ses défenseurs soulignaient, au contraire, que la peinture du vice y était sans précédent et que l'auteur en le dépouillant de toute séduction, en révélait le danger.

Il semble que le succès de ce roman fut en partie provoqué par ces interminables polémiques.

 

Ce scandale n'empêcha pas Lewis d'être favorablement remarqué à la cour ; dès qu'il eut l'âge requis pour briguer un mandat, il se fit élire député d'Hindon, dans le Wiltshire, à la Chambre des Communes. Après quelques années, durant lesquelles il n'intervint jamais à la Chambre, il se retira finalement de la carrière parlementaire pour se consacrer à la littérature.

En 1798, il fit jouer un drame musical, Le Spectre du château, qui connut un incroyable succès. Il fut joué quarante fois.

Dans ce drame il fait la synthèse d'éléments épars empruntés au Moine mais également à d'autres romans gothiques. Ainsi se rattache-t-il au Moine par le thème de La Morte amoureuse et au Château d'Otrante par celui d'une usurpation. Son héros, Osmond est un autre Manfred.

En fait il était plus homme de théâtre que romancier et il persévéra dans cette voie. Le moine sera son unique roman.

 

En 1801, il publia en collaboration avec Walter Scott un recueil de poèmes : Tales of Wonder (Histoires merveilleuses).

 

Dans toutes ses ballades, on retrouve l'influence des légendes gothiques qu'il avait commencé à traduire pour sa mère. L'une d'elles reprend, une fois encore le thème de La morte amoureuse.

S'il retourne au genre romanesque, il n'est plus vraiment créateur. Il est plutôt traducteur et adaptateur. Nous sommes aux temps des Belles -infidèles.

 

C'est ainsi qu'en 1806, il traduisit, très librement et en l'adaptant au goût anglais un très gothique ouvrage de Christiane Benedikte Naubert (1752-1819) sous le titre de Feudals Tyrants. On y retrouve des architectures gothiques redoutables, des cachots, des spectres et un anti-catholicisme farouche.

Il fut un vrai intermédiaire culturel en faisant découvrir par ses publications, le sombre génie de la fiction allemande du jour.

 

A la mort de son père, il hérita d'une grande fortune. En 1815, il partit vers les Indes occidentales pour visiter ses domaines. Au cours de ce voyage, qui dura quatre mois, il écrivit le Journal d'un propriétaire des Indes occidentales qui sera édité à titre posthume en 1833.

Il entreprit un second voyage vers la Jamaïque en 1817, dans l'espoir de se familiariser avec la condition des esclaves et trouver le moyen de l'améliore. Épuisé par le climat tropical, il contracta la fièvre jaune et mourut pendant le voyage du retour.

 

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Le Moine est tout d'abord un roman remarquablement écrit, qui doit la rigueur de sa construction à son expérience d'auteur dramatique.

Ce roman si noir commence comme l'une des légères comédies que le jeune écrivain avait déjà écrites ou comme un conte galant.

Deux cavaliers, une duègne, une ingénue coquettent dans une église à l'heure du sermon: c'est charmant, c'est impertinent, léger.

 

Parmi la foule, une toute jeune fille, très belle, pleine de charme ; elle n'a que 15 ans. Elle est accompagnée de sa tante, une sorte de duègne beaucoup moins séduisante mais fort coquette. Elles se retrouvent à côté de deux charmants galants fort courtois qui vont leur céder leurs places.

La tante est bavarde et leur apprend que la jeune fille s'appelle Antonia. Elle et sa mère Elvira viennent d'arriver à Madrid pour solliciter la protection du marquis de Las Cisternas. Lorenzo s'est épris d'Antonia au premier regard et la jeune fille n'est pas insensible.

Bref, c'est le début classique d'une intrigue amoureuse.

 

Lorenzo, qui connaît le jeune marquis de Las Cisternas, promet d'intervenir en faveur d'Antonia et de sa mère.

Entre en scène le prédicateur à l'austère visage et à l'éloquence enflammée, le très célèbre Père Ambrosio. On ne sait qui il est  vraiment. A sa naissance, il a été déposé à la porte d'un couvent. Antonia est fascinée.

 

Après le sermon, Lorenzo s'attarde dans l'église et voit un inconnu déposer une lettre aux pieds d'une statue. A ce moment, des religieuses du couvent voisin entrent dans l'église pour se confesser. Il reconnaît en l'une d'elle sa sœur Agnès dont il a été séparé depuis deux ans.

Il la voit ramasser le billet déposé sous la statue.

Scandalisé, il rejoint l'étranger, se précipite sur lui et va le provoquer en duel lorsqu'il reconnaît en l'infâme séducteur, son ami, le marquis Raymond de Las Cisternas.

Raymond calme son courroux et promet de tout lui expliquer.

Ils sortent de l'église.

 

L'épisode suivant se déroule dans la cathédrale

Agnès, sur le point de quitter le confessionnal, laisse tomber le billet, le moine s'en saisit, le lit. Il découvre que la jeune religieuse est enceinte et s'apprête à quitter le couvent. Malgré ses supplications, il en informe la supérieure. L'abbesse intransigeante va la châtier sans pitié.

Agnès maudit le moine impitoyable. Lui s'applaudit de n'avoir pas transigé avec la vertu :

Écoutez-moi ! homme au cœur dur ! écoutez-moi, orgueilleux, impitoyable, cruel ! vous auriez pu me sauver, vous auriez pu me rendre au bonheur et à la vertu, mais vous ne l’avez pas voulu ; vous êtes le destructeur de mon âme, vous êtes mon assassin, et sur vous tombe la malédiction de ma mort et de celle de mon enfant à naître ! Fier de votre vertu encore inébranlée, vous avez dédaigné les prières du repentir ; mais Dieu sera miséricordieux, si vous ne l’êtes pas. Et où est le mérite de votre vertu si vantée ? Quelles tentations avez-vous vaincues ? Lâche ! vous avez fui la séduction, vous ne l’avez pas combattue. Mais le jour de l’épreuve arrivera : oh ! alors, quand vous céderez à la violence des passions, quand vous sentirez que l’homme est faible, et sujet à errer ; lorsque, en frissonnant, vous jetterez l’œil en arrière sur vos crimes, et que vous solliciterez, avec effroi, la miséricorde de Dieu ! Oh ! dans ce moment terrible, pensez à moi !

La terrible malédiction de la jeune femme sera exaucée.

 

Depuis quelque temps, vit parmi les capucins, un jeune moine, doux, timide et qui voue au prédicateur une très grande affection. Or, ce jeune moine, Rosario, se révèle peu après être une femme à qui la prestance, la rigueur, le charme sévère d'Ambrosio ont fait perdre la tête; elle s'est donc déguisée en homme et fait admettre comme novice. Indignation du moine, ordre de quitter le couvent, évanouissement, chantage au suicide, la blancheur d'un sein entrevu au clair de lune sèment le trouble dans le coeur d'Ambrosio. Elle s'appelle Mathilde.

 

Au cours d'une promenade dans le jardin du monastère, Ambrosio est mordu par un serpent. La mort le guette, Mathilde suce poison et s'empoisonne.

Elle échappe à la mort, en faisant appel aux puissances infernales.

Mathilde lui avoue son amour :

Ce n’est plus le saint qui m’émeut en toi, mais l’homme ! Je t’aime avec ma chair, non avec mon esprit ! Je n’ai que faire d’une amitié de mots, d’un sentiment qu’on ne touche pas ; je te veux, toi, dans ta forme périssable.

 

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Trois jours plus tard, il succombe au charme de Mathilde. Désormais il s'abandonne à la luxure la plus effrénée dans les bras de la jeune femme qui est un succube. (Démon qui revêt une apparence femelle, généralement humaine, afin d'entretenir des rapports sexuels avec un homme.)

 

Elle est la tentatrice :

Avez-vous déjà perdu jusqu’au souvenir de votre plaisir ? Et, je vous le demande, où est le mal dans ce que vous avez fait ? Est-ce donc vous, cet esprit profond, qui vous laissez abattre par d’aussi misérables préjuges ? Où est-il ce Dieu qui vous interdit de pêcher ? Vos vœux de célibat sont contre nature, l’homme n’a pas été fait pour le sacrifice, et si l’amour était une faute, dieu ne l’aurait pas fait si tentant. […] Goûtez en paix les caresses que je vous offre.

 

Deuxième intrigue :

Pendant ce temps, Lorenzo a appris de son ami le marquis de Las Cisternas, l'histoire de son amour pour sa soeur Agnès.

Suit un long récit qui est un retour en arrière.

 

Au cours d'un voyage en Allemagne, le jeune marquis a sauvé la vie à la baronne de Lindeberg, attaquée par des bandits. Il est invité en son château où il s'éprend de la nièce de la baronne, Agnès, que la superstition familiale à condamner au couvent. Les deux jeunes gens s'aiment mais leur amour se heurte à l'hostilité de la tante qui était tombée amoureuse de son sauveur.

 

Il est chassé du château. Ils parviennent à se rencontrer la nuit. Bien décidé à l'épouser il prépare l'évasion de la jeune fille.

Une nuit va être favorable aux jeunes amants pour réaliser leur projet; en effet, une absurde superstition court dans le château.

 

Tous les cinq ans, une certaine nuit, toujours la même, le château est hanté par le spectre d'une nonne, la nonne sanglante, qui autrefois a rompu ses vœux, est partie aves son amant; ensuite elle a trahi et assassiné par amour pour le frère de cet amant.

Mais le frère, pris de remords l'a assassinée à son tour.

Depuis, âme en peine, elle revient hanter le château, spectre à la longue robe blanche tachée de sang, un couteau à la main.

Agnès va donc profiter de cette légende car la nuit où le spectre paraît, toutes les portes du château demeurent ouvertes et chacun se terre.

Elle va prendre le déguisement de la nonne sanglante et rejoindre son amant qui l'attendra à la porte du domaine.

Tout se passe comme prévu, le jeune homme enlève la religieuse travestie, la serre dans ses bras, lui voue un amour éternel.

 

4

 

La course dans la campagne devient folle, les chevaux s'emballent, la voiture se renverse. On ramasse le jeune homme blessé, on l'installe à l'auberge, mais de religieuse, point.

Mais à minuit, un spectre grimaçant l'enlace, lui baise les lèvres et chaque nuit l'horrible spectre réapparaît. C'est la nonne sanglante.

Il faudra l'intervention d'un étrange personnage, le Juif Errant, pour rompre le sortilège et rendre enfin la paix au triste spectre. Raymond a été gravement malade pendant des mois. Enfin guéri, il se remet en quête de la véritable Agnès. La jeune femme, se croyant abandonnée, a prononcé ses vœux. Il la retrouve, ils organisent leur fuite. Un soir, leur amour est plus fort que leur vertu et Agnès lui cède.

 

Accablée de honte, elle rompt avec lui mais en apprenant qu'elle attend un enfant, elle accepte de le revoir et de s'enfuir avec lui, mais sa maladresse fait échouer leur projet (Ambrosio a lu le billet qui exposait le plan de son évasion)

Lorenzo convaincu de la loyauté de son ami promet de l'aider à libérer Agnès. Il part à Rome afin d'obtenir l'annulation des vœux de sa sœur.

Lorenzo avait revu Antonia et il était décidé à l'épouser mais obligé de sauver sa sœur il doit s'éloigner d'elle.

Lorenzo obtient l'annulation des vœux d'Agnès. Il revient à Madrid mais lorsqu'il se présente au couvent, on lui apprend qu'Agnès est morte.

 

Pendant ce temps, Ambrosio s'est lassé des plaisirs que lui donne Mathilde. Pour ne pas le perdre, elle fait un pacte avec Lucifer et accepte tous les caprices de son amant.

C'est alors qu'Antonia vient lui demander de confesser sa mère Elvira gravement malade.

Le prêtre débauché qui s'éprend de la pure jeune fille, multiplie ses visites. Il devient pressant. Antonia qui l'admire, le vénère comme un homme de Dieu, ne comprend pas le manège du moine. Mais sa mère, lucide, lui interdit de revenir.

 

Mathilde lui propose de l'aider. Il hésite :

Ce n’est pas la vertu qui vous fait rejeter mon offre ; vous voudriez l’accepter, mais vous n’osez pas ; ce n’est pas le crime qui retient votre bras, c’est le châtiment ; Honte à l’âme pusillanime qui n’a pas le courage d’être ami sûr ou ennemi déclaré.

 

Blessé par ces sarcasmes, il cède à la tentation.

Grâce à la plume magique que Mathilde lui a remise, il pénètre chez les deux femmes. Il se jette sur Antonia qui perd connaissance.

Elvira le surprend, il la tue.

Ne pouvant pas faire encore une fois violence à Antonia, il a recours à Mathilde. Elle lui confie un breuvage qu'il fera boire à la jeune fille, breuvage qui fera croire à sa mort. Le stratagème réussit.

On enterre Antonia dans le caveau du couvent où elle reprend connaissance.

Ambrosio est là et il la viole.

En entendant des bruits et des voix, le moine sur le point d'être découvert, perd la tête et poignarde Antonia.

 

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A ce moment du roman les deux récits interfèrent.

Une religieuse, la sœur Sainte -Ursulle, a révélé à Lorenzo, le crime dont la supérieure s'est rendue coupable: elle a fait assassiner Agnès. Elle a promis de la dénoncer ainsi que trois autres religieuses ses complices, lors d'une procession solennelle qui aura lieu le lendemain.

Elle tient sa promesse et devant la foule rassemblée, elle accuse les quatre coupables.   

La foule, tout d'abord interloquée , brusquement elle se déchaine. Une émeute éclate que la police ne peut contrôler. Les quatre femmes vont connaître un mort atroce

 

Lorenzo pénètre dans le souterrain du couvent. Il cherche le cercueil d'Agnès.

Il la retrouve encore vivante mais décharnée, hagarde, méconnaissable, serrant sur son sein son enfant mort.

Ambrosio se trouve encore dans le souterrain. Il est surpris près du corps d'Antonia,

Il est arrêté, soumis à la question; il avoue ses forfaits et craint le châtiment.

 

Il accepte un pacte avec Lucifer qui lui promet la liberté. Mais le démon le berne : il lui a promis la liberté mais non la vie.

Il l'entraîne à travers les airs et haineux lui apprend qu'Antonia était sa sœur et Elvira sa mère. D'une hauteur vertigineuse, il lâche Ambrosio au dessus d'un sinistre paysage de montagnes où il s'écrase et meurt en écumant de rage après une longue agonie.

 

Il enfonça ses griffes dans la tonsure du prieur, et s’enleva avec lui au-dessus du rocher. Les cris d’Ambrosio retentirent au loin dans la montagne. Le démon s’élevait rapidement. Parvenu à une hauteur immense, il lâcha sa victime. Le moine, abandonné dans les airs, vint tomber sur la pointe allongée d’un rocher ; il roula de précipice en précipice, jusqu’à ce que, brisé, froissé, mutilé, il s’arrêtât sur le bord d’une rivière.(...) Le soleil venait de paraître sur l’horizon : ses rayons brillants tombaient à plomb sur la tête du pécheur expirant ; des millions d’insectes,  éveillés par la chaleur, vinrent sucer le sang qui coulait des blessures d’Ambrosio. Il ne pouvait se mouvoir pour les chasser (...)  Ils s’acharnèrent sur ses plaies, lui en firent de nouvelles, le couvrirent de leur multitude, et lui firent souffrir autant de supplices que de morsures. Les aigles de la montagne déchirèrent sa chair en lambeaux, leurs becs crochus arrachèrent les prunelles de ses yeux. Dévoré d’une soif ardente, il entendait le murmure des eaux coulant à ses côtés, et ne put jamais se traîner vers la rivière. Aveugle, furieux, désespéré, exhalant sa rage en imprécations et en blasphèmes, maudissant son existence, et pourtant redoutant la mort qui devait le livrer à des tourments plus grands encore, il languit ainsi pendant six jours entiers. Le septième, il s’éleva une tempête (...)  la pluie en torrents inonda la terre ; la rivière, grossie, déborda ses rives ; les flots gagnèrent le lieu où était Ambrosio, et leur cours entraîna vers l’Océan le cadavre du malheureux moine;

 

 

 

 

 

 

 

6

 

Ce résumé qui simplifie le récit, ne saurait rendre compte du la qualité de ce roman, dont la rigueur de construction doit beaucoup à l'expérience d'auteur dramatique de Lewis

Si l'architecture n'a pas l'envoûtante présence de L'Italien elle joue dans certaines scènes un rôle majeur. 

 

Le rêve de Lorenzo

Après le sermon du père Ambrosio, Lorenzo s'attarde, appuyé contre un pilier et rêve. C'est l'heure du crépuscule, la clarté de la lune perce mal l'obscurité gothique de la nef.

Il voit Antonia qui lui sourit. Puis surgit un monstre hideux qui se précipite sur elle. Lorenzo ne peut lui porter secours. Un coup de tonnerre.

La cathédrale s'effondre. Un abime s'ouvre à la place de l'autel d'où s'échappent des flammes. Le monstre tente d'y entrainer Antonia. Elle parvient à lui échapper. Elle s'élève soudain et disparaît.

Ce n'est qu'un rêve mais c'est surtout l'annonce prophétique des crimes d'Ambrosio et des souffrances d'Antonia.

Ainsi le début du roman est-il placé sous le signe maléfique de l'architecture gothique.

 

L'épisode de la Nonne sanglante

Il a aussi pour cadre un décor gothique, le château, vieille demeure féodale des Lindeberg.

C'est un long chapitre du roman; Agnès en riant, raconte la légende de la Nonne à Raymond.

Tous les cinq ans, au 5 du mois de mai, aussitôt que l’horloge du château a frappé une heure après minuit, la porte de la chambre habitée par la nonne s’ouvre (notez que cette porte est condamnée depuis près de cent ans) ; le spectre en sort avec sa lampe et son poignard, descend l’escalier de la tour de l’Est, et traverse la grande salle. Cette nuit-là le portier, par respect pour l’apparition, laisse toujours les portes du château ouvertes. Ce n’est pas que l’on croie cette précaution nécessaire, car on sait bien que la nonne pourrait fort aisément passer par le trou de la serrure, si elle le jugeait à propos (quoiqu’elle paraisse, au moins en quelques circonstances, être véritablement un corps, 243 puisqu’elle fait, dit-on, du bruit en marchant) ; mais on veut ici lui faire politesse, et ne pas l’obliger à sortir d’une manière peu conforme à la dignité de Sa Seigneurie

 Les deux jeunes gens n'accordent nul crédit à cette légende mais is vont profiter de cette superstition pour s'enfuir.

 

C'est dans un décor très gothique que se déroule la scène.

Raymond attend qu'Agnès le rejoigne et il contemple la formidable masse de la forteresse où est retenue sa bien aimée.

Les rayons de la lune éclairent les vieilles tours d'une lumière argentée, le cri d'une chouette brise le silence de la nuit.

C'est sur un ton plaisant qu'Agnès avait raconté la légende de la Nonne mais dans Le Moine elle est un spectre authentique, aux joues décharnées, au regard vitreux, un spectre sans chair et en os qui va désormais poursuivre.

 

7

 

Chaque nuit, il subit son étreinte effroyable, des doigts glacés s'emparent de sa main, une bouche osseuse se pose sur ses lèvres.`

Qui est ce Juif errant qui va sauver le jeune homme ?  

 

Ce personnage, ce magicien ,  est d'origine allemande.

Il lit dans les âmes à cœur ouvert. Il fréquente des hommes morts depuis des siècles et l'avenir n'a pas de secret pour lui. Il saura ce que doit faire le malheureux jeune homme pour apaiser cette âme errante qui ne demande qu'une sépulture chrétienne.

 

Le couvent des Capucins

 

Il recèle des lieux immondes : souterrains, passages dérobées, mécanismes secrets, cachots, catacombes jonchés d'ossements humains, cadavres en putréfaction.

 

C'est là où Lorenzo retrouvera sa sœur, enchaînée, tenant dans ses bras la cadavre de son bébé mort.

C'est dans cet immonde caveau qu'Ambrosio viole et blesse à mort Antonia.

Cet épisode fait passer sur le roman un souffle d'horreur.

 

Un roman inconvenant

Le moine est un roman inconvenant car il ose évoquer les pires excès de la luxure. La sexualité, la jouissance, y sont mortifères. Nulle paillardise.

La sensualité concerne exclusivement Ambrosio. Il avait maté son corps car il ignorait la tentation, néanmoins elle avait commencé à se manifester par l'intermédiaire du sacré pendant sa méditation devant l'image de la vierge dont le visage l'émeut et le trouble.

 

Quelle douceur, mais aussi quelle majesté dans ces yeux divins ! Comme cette joue délicate repose mollement sur sa main ! La rose a moins de fraîcheur ; oui, son incarnat est moins vif, et la blancheur du lis n’égale point celle de cette jolie main. Eh bien ! Ambrosio, si l’original de ce portrait existait dans le monde ! s’il existait pour toi seul ! s’il t’était permis de rouler entre tes doigts ces boucles de cheveux dorés, de presser contre tes lèvres les trésors de ce sein de neige ; comment pourrais-tu résister à la tentation ? Ne te croirais-tu pas assez payé de trente ans de souffrance par un seul baiser de cette bouche, et pourrais-tu t’arracher tout à coup... ? Insensé que je suis ! jusqu’où me laissai-je entraîner par une dévote admiration pour cette peinture ? Arrière ! loin de moi toute idée impure

 

On le comprendra mieux quand on saura que c'est en fait le portrait de Mathilde. Après les nuits torrides passées avec Mathilde, il s'est lassé d'elle et il est obsédé par Antonia, innocente et pure. Il est la proie convoitée par le démon.

 

Nous avions vu que chez Radcliffe, le surnaturel se confondait avec les hallucinations engendrées par l'angoisse.

Rien de tel dans Le Moine où l'Irrationnel est irréductible et indépendant des personnages.

L'originalité du Moine est la manière brutale et inattendue dont le lecteur est confronté au surnaturel, à l'Invisible.

Le Surnaturel tombe brutalement au cœur du roman.

Les puissances du Mal ne sont pas représentées allégoriquement.

Appelé par des rites magiques, Lucifer apparaît, haineux, formidable, malfaisant.

 

Le lecteur est brusquement contraint de regarder en face cette monstrueuse présence. La Terreur s'enveloppait d'ombre, ici l'horreur se dévoile au grand jour.

Elle n'est plus imaginaire, elle est vision.

 

Postérité du roman gothique

Le succès du Moine fut aussi fulgurant sur le continent qu’en Angleterre.

En Allemagne

Hoffmann s’en inspira largement pour écrire Les Elixirs du diable.

En France

Le Marquis de Sade en fit l’éloge dans son essai Idée sur les romans en 1800. 

"supérieur sous tous les rapports, aux bizarres élans de la brillante imagination d’Ann Radcliffe », l’autre grande romancière du genre."

Charles Nodier (1780-1844) : Jean Sbogar
Alexandre Dumas : Les mille et un fantômesla femme au collier de velours noir.
Théophile Gautier : La morte amoureuse.

Balzac commencera sa carrière en écrivant toute une série de romans noirs et donnera une nouvelle vie à Melmoth.

 

Victor Hugo débutera en écrivant Hans d'Islande.  L’archidiacre Frollo, dans Notre-

Dame de Paris, est le fils spirituel d’Ambrosio.

Et que dire, de ce poème ( Odes et ballades) dont l'héroïne est Dona Padilla del Flor ? Le poète y  joue avec les stéréotypes et les ressources du roman noir. 

 

La légende de la Nonne :

Venez, vous dont l’œil étincelle,

Pour entendre une histoire encor,

Approchez : je vous dirai celle

De doña Padilla del Flor.

Il est des filles à Grenade,

Il en est à Séville aussi,

Qui, pour la moindre sérénade,

À l’amour demandent merci ;

Il en est que d’abord embrassent,

Le soir, les hardis cavaliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

Ce n’est pas sur ce ton frivole

Qu’il faut parler de Padilla,

Car jamais prunelle espagnole

D’un feu plus chaste ne brilla ;

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers ! ( ...) 

 

Elle prit le voile à Tolède,

Au grand soupir des gens du lieu,

Comme si, quand on n’est pas laide,

On avait droit d’épouser Dieu.

Peu s’en fallut que ne pleurassent

Les soudards et les écoliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers ! (...) 

 

Or, la belle à peine cloîtrée,

Amour dans son cœur s’installa.

Un fier brigand de la contrée

Vint alors et dit : Me voilà !

Quelquefois les brigands surpassent

En audace les chevaliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

Il était laid ; des traits austères,

La main plus rude que le gant ;

Mais l’amour a bien des mystères,

Et la nonne aima le brigand.

On voit des biches qui remplacent

Leurs beaux cerfs par des sangliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

Pour franchir la sainte limite,

Pour approcher du saint couvent,

Souvent le brigand d’un ermite

Prenait le cilice, et souvent

La cotte de maille où s’enchâssent

Les croix noires des templiers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

La nonne osa, dit la chronique,

Au brigand par l’enfer conduit,

Aux pieds de sainte Véronique

Donner un rendez-vous la nuit,

À l’heure où les corbeaux croassent,

Volant dans l’ombre par milliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

Padilla voulait, anathème !

Oubliant sa vie en un jour,

Se livrer, dans l’église même,

Sainte à l’enfer, vierge à l’amour,

Jusqu’à l’heure pâle où s’effacent

Les cierges sur les chandeliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

Or quand, dans la nef descendue,

La nonne appela le bandit,

Au lieu de la voix attendue,

C’est la foudre qui répondit.

Dieu voulut que ses coups frappassent

Les amants par Satan liés. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

Quand la nuit, du cloître gothique

Brunissant les portails béants,

Change à l’horizon fantastique

Les deux clochers en deux géants ;

À l’heure où les corbeaux croassent,

Volant dans l’ombre par milliers… —

Enfants, voici des bœufs qui passent.

Cachez vos rouges tabliers !

 

Une nonne, avec une lampe,

Sort d’une cellule à minuit ;

Le long des murs le spectre rampe,

Un autre fantôme le suit ;

Des chaînes sur leurs pieds s’amassent,

De lourds carcans sont leurs colliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

 Les deux spectres qu’un feu dévore,

Trainant leur suaire en lambeaux,

Se cherchent pour s’unir encore,

En trébuchant sur des tombeaux ;

Leurs pas aveugles s’embarrassent

Dans les marches des escaliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

 

Élevant leurs voix sépulcrales,

Se cherchant les bras étendus,

Ils vont… Les magiques spirales

Mêlent leurs pas toujours perdus ;

Ils s’épuisent et se harassent

En détours, sans cesse oubliés. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !(...) 

 

 

L’enfer, hélas ! ne peut s’éteindre.

Toutes les nuits, dans ce manoir,

Se cherchent sans jamais s’atteindre

Une ombre blanche, un spectre noir,

Jusqu’à l’heure pâle où s’effacent

Les cierges sur les chandeliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers ! (...) 

 

Cette histoire de la novice,

Saint Ildefonse, abbé, voulut

Qu’afin de préserver du vice

Les vierges qui font leur salut,

Les prieures la racontassent

Dans tous les couvents réguliers. —

Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

 

 

Au début du XXe siècle, c’est aux surréalistes français qu’on doit la redécouverte du roman. Ils en font leur livre de chevet.

Le souffle du merveilleux l’anime tout entier, écrit André Breton.

En 1931, Artaud, qui y voit un poème du Mal, projette de l’adapter à l’écran (avec lui-même dans le rôle d’Ambrosio). Il se contentera d’en faire une adaptation littéraire, très proche de l’original (Le Moine, de Lewis, raconté par Antonin Artaud). En 1972, scénarisé par Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière, Le Moine sera une première fois porté à l’écran. 

 

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Viol, inceste et matricide ne sont que quelques-uns des innombrables péchés que commet Ambrosio au long des quelques cinq cents pages de ce diamant noir qui n’a cessé d’inspirer, au long du siècle, lectures et adaptations.

 

Des siècles plus tard, les Surréalistes seront sensibles aux sombres et mystérieuses beautés des romans gothiques:

Rien de plus excitant que cette littérature ultra romanesque, archi sophistiquée. Tout ces châteaux d’Otrante, d’Udolphe, des Pyrénées, parcourus par les grandes lézardes et rongées par les souterrains, dans le coin le plus enténébré de mon esprit persistaient à vivre de leur vie factice, à présenter leur curieuse phosphorescence. (André Breton)

 

En 1938, Julien Gracq dans son Avis au lecteur du Château d'Argol écrit :

Puissent être ici mobilisées les puissantes merveilles des Mystères d'Udolf, du château d'Otrante pour communiquer à ces faibles syllabes un peu de la force d'envoutement qu'ont gardé leurs chaînes, leurs fantômes et leurs cercueils.

 

 

Aujourd'hui, ce roman est une mine pour la psychanalyse.

A l'insu sans doute de son jeune auteur, Le Moine révèle une sensibilité équivoque, trouble.

Quelle est la part du Diable en chaque homme ?

Comme si les monstres de la légende avaient pour fonction de faire se taire d'authentiques démons intérieurs.

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