Alexandre Dumas - La vie comme un roman (1)

 

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Alexandre Dumas fut sans doute la plus flamboyante incarnation du romantisme.
Écrivain protéiforme, il emprunta tous les chemins de la création littéraire ; il nous a laissé une œuvre monumentale.

Plus de 200 pièces de théâtre, une immense œuvre romanesque, dont  la trilogie des Trois mousquetaires et Monte Cristo ne sont qu'une infime partie.
Il nous raconte toute l'histoire de France, depuis le Moyen-Age jusqu'à la Révolution.

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Des romans comme la vie

  Les romans

Pendant la première partie de sa vie, Alexandre Dumas, aux yeux du public et de la critique, avait été l'homme-théâtre.

 

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Alexandre Dumas

 

Sans doute il avait écrit des essais, des impressions de voyage, des contes  mais il ne s'était pas encore lancé dans l'immense entreprise qui, plus que ses drames, allaient lui assurer la gloire de son vivant mais aussi dans la postérité. Les genres littéraires naissent de la rencontre d'un génie et de circonstances.

 

Dumas avait, à coup sûr, une certaine forme de génie, celui de la verve et du drame. Les circonstances firent le reste et la première de ces circonstances fut la renaissance du drame historique sous l'influence de W. Scott.

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Alfred de Vigny - Entre l'épée et la lyre

  Dans la constellation des Romantiques, Vigny est une figure moins haute en couleur que Dumas. Sa véritable filiation littéraire est à rechercher du côté d'André Chénier, de  Racine ; son héritier fut  sans doute Baudelaire.

Il a partagé les aspirations, les espoirs de tous les jeunes romantiques, mais au contraire de ses amis dont les vers étaient pleins de leurs sentiments, il a voilé les siens. Ils criaient leur détresse, il a maîtrisé son désespoir. Il était sombre :
"La sévérité froide et un peu sombre de mon caractère n'était pas native. Elle m'a été donnée par la vie."

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Vigny - Grandeur et servitude du poète

 

Depuis que  sa liaison avec Marie Dorval n'est plus secrète, Vigny vit dans deux mondes parallèles.
Il est un époux toujours courtois et plein de sollicitude, il est installé avec Lydia  dans un appartement plus semblable à celui d'un bourgeois que d'un aristocrate, écrivain à la mode de surcroît. Les jours s'écoulent mornes, ponctués par la même étiquette et rien ne vient égayer cette vie sans fantaisie.

Chez Marie, c'est un autre univers. Autour de cette jeune femme, débordante  de vitalité, brillante, adulée, se presse le Tout-Paris des boulevards, Alexandre Dumas, Frérérick Lemaître, Victor Hugo, Sainte-Beuve, des vedettes du jour, comme La Malibran.

 

1La Malibran
 

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Pleins feux sur le drame romantique (1-2)

 

Pendant la révolution, le théâtre a constitué une vraie caisse de résonance des émotions et des idées d'un peuple en effervescence, qui, même pendant les années les plus terribles de la Terreur, se ruait dans les multiples théâtres qui avaient ouvert leurs portes dès 1790.

 

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Théâtre de la Porte Saint -Marin en 1790

 

Rien ne peut mieux souligner ce rôle éminent de propagande que la remarque de Louis XVI à la lecture qui lui fut faite du Mariage de Figaro :
"Cela ne sera jamais joué. Il faudrait détruire la Bastille pour que la représentation de cette pièce ne fut pas une conséquence dangereuse. Cet homme se joue de tout ce qu'il faut respecter dans un gouvernement".

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Les Espagnes de Victor Hugo

 

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Surgie du plus secret de son enfance, l'Espagne irradie toute l'œuvre de Victor Hugo. Elle est l'un des creusets de la mythologie hugolienne.
Beau pays dont la langue est faite pour ma voix…
Bords où mes pas enfants suivaient Napoléon
Fortes villes du Cid ! Ô Valence, ô Léon
Castille, Aragon, mes Espagnes
(Feuilles d'automne)

 

La place que l'Espagne occupe dans son œuvre et dans sa vie est sans commune mesure avec le temps réel qu'il y a passé. Il vécut dix mois à Madrid entre 1811 et 1812 et, en 1843, il y fit un second voyage avec Juliette Drouet, voyage qui s'acheva tragiquement, puisque c'est sur la route du retour qu'il apprit brutalement la mort de sa fille Léopoldine.

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L'amour chez Stendhal

 

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Stendhal par Johan Olaf Sodemark

 

Avant de commencer, je tiens à préciser pour éviter tout malentendu que cette étude se propose d'interroger un aspect moins connu de l'œuvre de Stendhal : ses écrits autobiographiques, sa correspondance, son journal intime et cela dans le cadre du thème proposé, à savoir Les éducations sentimentales. Il est évident que cet angle d'approche peut sembler assez réducteur, pourtant il s'agit d'un pan très important de son œuvre qui a fait l'objet de nombreuses et savantes exégèses.

 

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Eugène Sue

 

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Eugène Sue, écrivain aujourd’hui un peu tombé dans l’oubli, fut dès le début de la parution des Mystères de Paris, l’un des écrivains les plus célèbres de son temps. Très vite on le confondit avec son héros Rodolfe, le Justicier. Il devint un mythe et son invraisemblable succès valut autant de haines que d’amour…

 

Dans la biographie passionnée que lui consacra Jean-Bory, en 1962, Eugène Sue, dandy mais socialiste, il l’écrit : 

Ce sont Les Mystères de Paris qui ont créé leur auteur.


C’est ce parcours inhabituel que nous allons tenter de suivre.

 

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Alexandre Dumas - Sa vie comme ses romans (3)

 

Depuis 1843 tout en conservant un appartement à Paris, il avait loué à Saint Germain en Laye la "Villa Médicis" et avait assumé le fonctionnement du petit théâtre de la ville. Il y faisait venir la Comédie française, logeait et nourrissait les comédiens, garantissait la recette et à ce jeu perdait des fortunes. 
Sa cour, son harem grouillait joyeusement autour de lui et le chemin de fer de Paris à Saint Germain vit ses recettes monter. Pour le voir de près, les curieux affluaient, lui, bon prince serrait toutes les mains. 
Le roi, surpris, demanda un jour à l'un de ses ministres : 

- Qu'a donc Saint Germain à se trémousser ainsi ?

- Sire, votre Majesté veut-elle que Versailles devienne gai jusqu'à la folie ? Dumas, en 15 jours a galvanisé Saint Germain. Ordonnez-lui de passer 15 jours à Versailles.

 

Pendant ce temps, la petite ville de Saint-Germain en Lauze ressuscitait, les hôtels étaient complets.

 

1La gare de Chatou

 

La ligne de chemin de fer qui va de Paris à Saint Germaine en Laye connaît Une augmentation de recettes de vingt milles francs par an, depuis l'arrivée d'Alexandre. Au point que le roi, dans un Versailles désert, en prend ombrage.

 

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 Le jour où Victor Hugo est devenu romantique

  Romantique : peu d'adjectifs ont été aussi galvaudés. Il connote souvent une sentimentalité un peu mièvre.

Il est aussi un argument publicitaire : on vous propose d'acheter une chambre à coucher ou une chemise de nuit romantiques.

Mais déjà dans Mme Bovary Flaubert le réduisait à une série de clichés :

Ce n'étaient qu'amours, amants, dames persécutées s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du cœur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au clair de lune, rossignols dans des bosquets, messieurs braves comme des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas, toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes.

 

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Les soleils levants du romantisme

 

René-François de Chateaubriand, Germaine de Staël et Benjamin Constant sont les pères fondateurs du premier romantisme.

Nous savons globalement que c'est un mouvement culturel et littéraire européen qui, de la fin du XVIIIe jusqu'au XIXe siècle, a concerné tous les arts et qui s'oppose à la tradition classique et au rationalisme des Lumières.

Les manuels scolaires par souci de simplification distingue le XVIII, le siècle des Lumières,  et fait de la première moitié du XIXe le siècle du romantisme. Mais si le XIXe voit s'épanouir une nouvelle sensibilité, elle était antérieure. Entre les deux siècles, il ya une continuité.

Cette nouvelle sensibilité s'était fait jour sous l'influence de l'Angleterre.

Dès le XVIIIe, la découverte de l'œuvre romanesque de Richardson avait réhabilité les romans sentimentaux ; cette sensibilité éclatait dans La Nouvelle Héloïse mais également dans les romans de Diderot.

Des traductions des romans gothiques anglais avaient habitué les lecteurs à de nouvelles émotions.

L'influence de l'Angleterre se manifestait également avec la vogue des jardins anglais, bien différents des jardins à la française dont les superbes jardins du château de Versailles étaient les exemples les plus parfaits.

Chateaubriand et Germaine de Staël, Benjamin Constant dans des registres différents, furent dès le début du siècle, ces soleils levants.

 

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Benjamin Constant (1767-1830)

 

 

Une rare sincérité.

 

1benjaminconstant

 

Benjamin Constant de Rebecque naquit  à Lausanne le 25 octobre 1767 mourut à Paris le 8 décembre 1830.

Le gouvernement lui fit des funérailles nationales; des milliers de personnes accompagnèrent son cortège funèbre de la rue d'Anjou au cimetière du Père Lachaise, où il n'arriva qu'à la nuit.

A la lueur des torches, le général Lafayette voulut prendre la parole mais accablé d'émotion et de fatigue, il trébucha et faillit rejoindre le cercueil dans la fosse restée ouverte.

C'est essentiellement à l'homme politique que cet hommage fut  rendu et non à l'écrivain. 

On saluait en lui le premier grand penseur de la démocratie libérale, le théoricien du parti libéral, le paladin des libertés, l'auteur de nombreux ouvrages politiques.


Élu député en 1819 il était devenu l’un des plus redoutables orateurs politique. Appartenant par sa formation à l'époque des Lumières, par sa carrière au XIXe siècle, Benjamin Constant est l'un des représentants les plus illustres et les plus controversés de cette période charnière de notre histoire…

Ses biographes ont été longtemps tributaires d'une documentation partielle, mutilée et faussée par des amateurs incompétents.
La version authentique et intégrale de son Journal intime n'existe que depuis 1952 ; les archives n'ont été accessibles que depuis 1953, 1974 et 1980. C'est pourquoi on assiste actuellement à une redécouverte progressive de l'œuvreBenjamin.

 

 

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Une vie dans le siècle

 

Avant dire 

Le romantisme est un mouvement littéraire qui s'affirma en s'opposant au classicisme, mais il faudrait retrouver le poids qu'il eut à son origine, son importance dans l'histoire de la sensibilité.

Quant à l'adjectif romantique qui s'est plus au moins confondu  avec romanesque, il est souvent  entaché d'une  sentimentalité fade. On est romantique avec une nuance d'indulgente condescendance.
Galvaudé, il devient parfois un argument de vente, une chemise de nuit romantique.

Or être romantique vers 1825, 1830, c'était s'ouvrir à une autre vie, être flamboyant, être jeune.

 

On ne lit plus guère Théophile Gautier et c’est bien dommage.On se souvient peut-être du gilet rouge qu’il portait lors de la Première d’Hernani. Il était alors le jeune admirateur de Victor Hugo. Il n’avait pas 20 ans.

Quand, des années plus tard, Maxime du Camp lui dira : Tu as été célèbre très jeune, il répondra : Oui, très jeune, à cause de mon gilet.

 

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A la fin de sa vie, il reviendra sur cette célébrité de scandale, convaincu que lorsque son œuvre toute entière sera tombée dans l’oubli on se rappellera encore ses longs cheveux et son gilet.


Que sait-on de lui aujourd’hui ?

Qu’il est l’auteur du Capitaine Fracasse, du Roman de la momie, deux ouvrages qui firent longtemps partie des livres offerts aux bons élèves lors de la distribution des prix ?
On ne connaît plus guère ses poèmes même si quelques uns figurent encore dans certains manuels scolaires.

 

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Œuvres romanesques

 

Impossible d'analyser toute l'œuvre de Gautier. Il s'agit seulement d'ouvrir quelques pistes de lecture dans une œuvre romanesque dont la cohérence apparaît à l'évidence avec le recul du temps.

On a beaucoup parlé de lui comme du bon Théo. Il était la bonté même, la générosité, un joyeux vivant qui aimait les femmes, les bons repas, la vie.

Jamais il ne s'est épanché mais à travers tous ses récits, il ne cesse de se raconter, de se révéler, de dire ses secrets, ses fantasmes. Ses multiples contes, tout comme son premier roman, Mlle de Maupin nous disent ses obsessions fondamentales.

Mis à part Mlle de Maupin et Le Capitaine Fracasse, l'essentiel de son oeuvre en prose  s'inscrit dans le registre du fantastique. Un fantastique parfois proche de Poe ou de Hoffmann qui joue de toutes les ressources propres à ce genre et toujours avec une légère dérision, un humour avec lequel il semble s'amuser à révéler le dessous des cartes remettant de même coup en question son propre récit.

Et l'on est frappé par la présence obsédante de deux thèmes celui du double et celui de la mort. 

 

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